© INTERNECoup de théâtre mercredi à l'Assemblée nationale. Le ministre des Transports, Gilles de Robien, a annoncé que le gouvernement allait "solliciter la gendarmerie pour faire passer le permis de conduire", au moins la partie théorique. Une décision prise après l'annonce par les inspecteurs du permis de conduire de poursuivre leur mouvement de grève entamé le 21 octobre. "Ainsi, nous assurerons la continuité du service public", a lancé le ministre sous les applaudissements nourris des députés de la majorité. "J'ai donné mon accord pour qu'on demande à quelques unités" de gendarmerie de faire passer le permis, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Les examens recommenceront "dès vendredi et au plus tard lundi".
Pour les inspecteurs du permis de conduire, qui manifestaient mercredi à Paris, c'est bien la preuve que Gilles de Robien "n'essaie pas de les comprendre mais "sort la trique". Selon Laurent Grognu, secrétaire général du Syndicat national des inspecteurs du permis de conduire (SNICA-FO, majoritaire, le gouvernement apporte la démonstration que "ce qui le préoccupe, c'est le nombre de permis passés. C'est la quantité plus que la qualité". "Comment quelqu'un qui ne connaît pas les règles, les procédures peut-il endosser notre mission ?" Entamée le 21 octobre, le mouvement des inspecteurs du permis de conduire s'oppose au projet de départementalisation de leur activité qui, selon eux, remettrait en cause leur indépendance.
Chômage technique
De leur côté, certains moniteurs d'auto-écoles défilaient eux aussi à Paris mais séparément, contre la grève des inspecteurs qui les met dans une situation plus que délicate. Selon l'Ecole de conduite Française (ECF) et le syndicat Unidec des auto-écoles qui appelaient à manifester, ce sont "au moins 150.000 examens de conduite et de code qui ont dû être annulés". Des centaines de moniteurs auto-école sont, de ce fait, au chômage technique. Depuis quelques jours, ces derniers se rebiffent. Mardi, deux opérations escargots ont été menées par des moniteurs d'auto-écoles d'Arras et de Saint-Etienne pour protester contre la grève. A Colmar, des inspecteurs ont porté plainte contre un directeur d'auto-école qui avait rendu publics leurs adresses et numéros personnels.
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