© AFPLundi, en déplacement à Nantes, François Fillon clame que "les préretraites sont une catastrophe" et qu'il faudra "sans doute cotiser plus longtemps". Mercredi, à l'Assemblée, le même déclare: "la négociation sur (les retraites) aura lieu à partir du mois de février, tous les sujets seront sur la table, le gouvernement n'a pas présélectionné un choix plutôt qu'un autre".
Il en faudra sans doute plus pour calmer les syndicats, en particulier FO et la CGT, qui appellent les salariés à faire preuve de vigilance et à chercher à instaurer un rapport de force. "Le mécontentement va monter car les Français, il faut que cela leur tombe sur le nez pour que ça fasse mal : il y a deux endroits où ils sursautent, c'est la Sécurité sociale et les retraites", a prédit Marc Blondel (FO), dont le syndicat organise une manifestation le 26 novembre. Selon un sondage Sofres, les Français sont partagés sur l'action du gouvernement en matière de retraites
(1).Sus à la préretraite
Il ne fait pas de doute que le gouvernement a déjà réfléchi, sinon arrêté, quelques grands principes pour la réforme des retraites qui, on le sait maintenant, resteront fondées sur un système de répartition. Primo, l'équipe Raffarin entend favoriser l'emploi au-delà de 55 ans, en prônant la formation tout au long de la vie et en supprimant la préretraite. "Comment peut-on dire aux Français qu'il faudra travailler plus longtemps alors qu'un tiers des salariés partent en retraite avant l'âge légal", s'est justifié François Fillon.
Le ministre de la Fonction publique, a déjà annoncé jeudi dernier l'"extinction progressive" du Congé de fin d'activité introduit en 1996 dans la fonction publique. "L'objet du CFA, qui est d'anticiper la cessation d'activité des agents, n'est plus compatible avec les perspectives démographiques à court terme dans la fonction publique qui devraient inciter les fonctionnaires à ne pas anticiper la date de leur départ en retraite", a expliqué Jean-Paul Delevoye.
Un système unique public/privé?
Un premier pas vers un rapprochement de la situation des fonctionnaires et des salariés du privé ? La réforme de 1993 a instauré une double distinction entre les deux régimes. Dans le privé, après 40 années de cotisations, la pension est calculée sur les salaires et primes des 25 meilleures années. Dans la fonction publique, la durée de cotisation n'est que de 37,5 années et le calcul prend pour référence le montant du salaire (hors primes) des 6 derniers mois d'activité.
Sans doute cette distinction ne survivra-t-elle pas à la réforme. Sans doute même demandera-t-on aux travailleurs de cotiser plus et/ou plus longtemps (42, voire 43 ans) pour répondre aux besoins démographiques. Par ailleurs, le gouvernement ne cache pas son intention d'instaurer un dispositif d'épargne-retraite dans le privé, similaire à la Préfon des fonctionnaires.
(1) 52% des Français désapprouvent "tout à fait" ou "plutôt" l'action du gouvernement en matière de retraites, selon un sondage Sofres réalisé en face à face les 23 et 24 octobre auprès de 1000 personnes âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas).
(Photo d'ouverture AFP : François Fillon à L'Assemblée)
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