© INTERNEVivendi Universal (VU) a annoncé jeudi soir, dans un communiqué, la cession de la totalité de sa participation dans sa filiale Vivendi Environnement, et ce, au plus tard, le 31 décembre 2004. Cerise sur le gâteau, VU a en outre indiqué, que la vente de l'éditeur américain Houghton Mifflin était signée, ce qui représente d'ores et déjà 5 milliards d'euros de cessions d'actifs annoncées en quatre mois. Dans un premier temps, 20,20% de sa filiale Vivendi Environnement (VE) seront cédés, puis à terme le solde du capital du groupe de services aux collectivités qu'il détient encore, suivra, le tout pour un montant final de 4 milliards d'euros. Depuis l'été, VU détenait encore 40,8% de sa filiale de services (eau, environnement, propreté, transport), qui dessert 26 millions de Français en eau potable.
Les marchés ont apprécié, vendredi matin un vendeur d'une banque européenne donnait le ton : "le programme de cession d'actifs continue et va dans le bon sens. Le marché a une légère préférence pour qu'ils gardent les activités télécoms, car c'est un bon investissement à moyen terme". Vers 12h09, le titre de VU était un des rares à échapper à la morosité ambiante, à la Bourse de Paris, et s'affichait à + 4,46% pour 13,58 euros.
Désendetter Vivendi Universal et conserver Cegetel
Par cette vente, dont le principe a été décidé lors du conseil d'administration du 29 octobre, VU obtiendra d'abord 2 milliards d'euros, puis théoriquement 2 autres milliards au plus tard le 21 décembre 2004. Le groupe français ayant par ailleurs annoncé jeudi la vente définitive de l'éditeur américain Houghton Mifflin aux fonds d'investissement américains Thomas H. Lee et Bain Capital, pour environ 1,7 milliard d'euros, ce sont en tout sept milliards d'euros d'actifs qu'il devrait avoir cédés d'ici la fin de l'année.
La direction de VU est engagée dans une course au désendettement d'un côté et dans la recherche de capitaux importants pour garder le controle de Cegetel de l'autre, le tout sous la pression de l'offre élevée de Vodafone. Pour le géant britannique, mettre la main sur l'opérateur de téléphonie français serait un coup double : une implantation dans un des principaux marchés occidentaux, sur lequel Vodafone est quasi-absent, et une opération financière potentiellement très rentable, Cegetel générant un cash annuel important.
Chris Gent, le Pdg de Vodafone n'a pas l'habitude de faire trainer les négociations : "en signant le 16 octobre un accord avec les groupes britannique BT, (26% du capital de Cegetel) et américain SBC (15%) pour racheter leurs parts, Vodafone (15%) avait en effet placé VU sous pression: ou bien il pouvait se payer rapidement au moins la part de BT, pour 4 milliards d'euros, ou bien il abandonnait le contrôle de Cegetel. Manifestement la bataille entre ces deux grands groupes est loin d'être terminée, et les salariés de Vivendi Environnement sont dans l'expectative.
La Bourse en direct
Photo : AFP / M.Fourtou Pdg de VIvendi Universal
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