BNP-Paribas parle fiançailles au Crédit Lyonnais

Par S.L, le 05 décembre 2002 à 18h50 , mis à jour le 04 décembre 2002 à 18h56

La BNP-Paribas évoque un rapprochement avec le Crédit Lyonnais. Sans refuser, ce dernier, lors de son conseil d'administration jeudi, a demandé des "précisions".

logos BNP Lyonnais nov 2002 © INTERNE

Le conseil d'administration du Crédit Lyonnais n'a pas fermé la porte jeudi à la demande de son nouvel actionnaire BNP Paribas d'ouvrir avec lui des discussions mais a cherché à temporiser en demandant au préalable des précisions sur ses intentions. BNP Paribas - qui a acquis la part de 10,9% de l'Etat dans le Lyonnais mise aux enchères le 23 novembre, puis au moins 5% de plus sur le marché - a proposé à la banque au lion d'entreprendre une démarche commune "pour élaborer conjointement des projets de coopération".

A l'annonce de l'arrivée surprise de BNP Paribas dans son capital comme premier actionnaire - devançant le Crédit Agricole (avec 10,5%) et les AGF, filiale du groupe allemand Allianz (10%) - le Lyonnais avait officiellement proclamé son "attitude de neutralité absolue" en attendant de connaître le détail de ses projets. Depuis, Jean Peyrelevade, mandaté par son conseil d'administration, s'est entretenu plusieurs fois avec Michel Pébereau, patron de BNP Paribas. Jeudi, le conseil d'administration a cherché à temporiser car l'arrivée de BNP Paribas ne fait pas les affaires du Crédit Agricole, qui s'est fait souffler la part de l'Etat dans le capital du Lyonnais.

L’échec du rapprochement Crédit Agricole/ Crédit Lyonnais

Lors du conseil, auquel assistaient les différents membres du groupe d'actionnaires partenaires (GAP) -Crédit Agricole, Allianz, Axa et les banques allemande Commerzbank, italienne Intesa BCI et espagnole BBVA - , le directeur général du Crédit Agricole Jean Laurent a réaffirmé que son groupe était toujours en course. Un administrateur salarié a interpellé MM. Laurent et Peyrelevade à propos d'une lettre envoyée par M. Laurent le 22 novembre à l'ensemble des salariés de son groupe pour expliquer l'échec de la banque verte dans la tentative de mariage avec le Lyonnais. Dans ce courrier, M. Laurent écrivait: "Les dirigeants du Lyonnais ont fait connaître le 22 novembre leur hostilité à l'idée d'une cession de la totalité du bloc de l'Etat au seul Crédit Agricole. Ils ont qualifié ce projet de ‘prise de contrôle rampante’, en indiquant qu'ils s'y opposeraient farouchement afin de préserver ‘l'indépendance’ de leur établissement". Interrogé sur ce point jeudi soir, un porte-parole du Crédit Lyonnais a indiqué que la banque n'avait pas été consultée à ce moment-là.

Tirant les leçons de cet échec, le Crédit Agricole a commencé à remettre de l'ordre dans son organisation. René Carron, déjà président de la Fédération nationale du Crédit Agricole - organe politique du groupe - cumule depuis mardi la fonction de président de Crédit Agricole SA, structure cotée de la banque, en remplacement de Marc Bué. Il doit présenter le 19 décembre "les axes stratégiques du groupe" aux présidents et directeurs généraux des caisses régionales.

Par S.L le 05 décembre 2002 à 18:50
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