© INTERNELa plus gigantesque banqueroute de l'histoire du transport aérien mondial, s'est déroulée à Chicago. Lundi, la deuxième compagnie aérienne des Etats-Unis, United Airlines a choisi de se mettre en faillite afin de se protéger de ses créanciers, et continuer à assurer ses vols. UAL n'avait plus guère le choix. Elle n'avait pas l'argent nécessaire pour rembourser près de 1 milliard de dollars de dettes, qui arrive à échéance dans les jours qui viennent. Bien qu'elle pourra poursuivre ses opérations dans un premier temps grâce à un financement d'urgence de 1,5 milliard de dollars bouclé durant le week-end, la compagnie n'en est qu'au début d'un processus de restructuration qui s'annonce douloureux.
Tous les départements de l'entreprise devront réduire leurs coûtsA l'exception des employés de maintenance, les personnels d'UAL avaient déjà accepté de rogner 5,2 milliards de dollars de leur fiche de paye, sur 5 ans et demi. La mise en faillite de United Airlines implique des réductions de salaires quasi immédiates pour les cadres et employés administratifs de la compagnie aérienne. Les cadres dirigeants verront leur salaire annuel baisser de 11% en moyenne, et la feuille de paie des employés sera amputée de 2,8% (pour les salaires inférieurs à 30.000 dollars par an) à 10,7%, pour les autres. Toutes ces réductions de salaires entreront en vigueur dès le 16 décembre.
Le titre a plongé en bourse
Comme dans tous les cas du même genre, l'action UAL ne cotait plus que 85 cents lundi matin à la bourse de New York contre environ 100 dollars en 1997. Un vrai désastre pour la trésorerie de l'entreprise, et la ruine pour ceux qui y avaient investi leurs économies, à commencer par les employés. Nombreux étaient ceux qui y croyaient, et avec 55% de la compagnie qui appartiennent aux salariés, ces derniers seront doublement lésés.
En attendant de débuter les négociations, le Pdg a déclaré que le plus important est "de continuer à assurer les services aux clients". L'important "c'est le client, le client et encore le client", a-t-il martelé. Il va falloir continuer à les attirer, surtout face à la concurrence des compagnies aériennes à bas prix, comme Southwest Airlines ou JetBlue. Ces dernières ont réussi, grâce à une gestion très serrée des coûts, à continuer à engranger des profits malgré la débâcle du secteur depuis la récession et les attentats de 2001. La tâche de la direction, et de toutes les équipes de UAL, s'annonce très difficile, mais selon Glenn Tilton, la compagnie pourrait néanmoins sortir de la protection de la loi sur les faillites d'ici 18 mois.
L'histoire prouve malheureusement, que les compagnies américaines qui se retrouvent en faillite n'arrivent pas toujours à s'en sortir. Continental Airlines est l'une des très rares exceptions qui a réussi à rester indépendante après une faillite. TWA a été avalée par American Airlines et Pan American World Airways n'est plus que l'ombre de ce qu'elle a été.
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