France Télécom se serre la ceinture

Par S.L, le 05 décembre 2002 à 10h38 , mis à jour le 06 février 2004 à 13h31

Economies, économies, économies... et ensuite, éventuellement une privatisation. Le plan de redressement de France Télécom, endetté de 70 milliards d'euros, présenté hier par Thierry Breton prévoit un gel des embauches et des économies de toutes parts.

thierry breton france télécom © INTERNE

Après plusieurs mois de réflexion, Thierry Breton a présenté mercredi soir le plan de sauvetage du groupe France Télécom devant son conseil d'administration. Ce plan a un nom : "Ambition FT 2005". Il se décompose en "3x15". 15 milliards d'euros d'économies, 15 milliards d'euros d'aides sous la forme d'un emprunt auprès de l'Etat et enfin, une ouverture de capital de 15 milliards d'euros. Des mesures d'envergure pour un endettement qui ne l'est pas moins car il monte à 70 milliards d'euros.

  • Un plan d'économies de 15 milliards d'euros

L'effort se fera d'abord en interne. Thierry Breton s'est fixé pour objectif de dégager d'ici 2005 15 milliards d'euros qui seront affectés au désendettement du groupe. 40% à 45% de ces économies se feront par des réductions d'investissements et 35% à 40% par une réduction des coûts opérationnels. L'essentiel de ce plan d'économies sera réalisé par l'activité de téléphonie fixe et par la filiale mobile Orange.

Thierry Breton a annoncé un gel des recrutements jusqu'en juin 2003 et compte également sur l'effet naturel des départs en retraite. D'ici 2006, 20 000 départs sont prévus. La mobilité au sein du groupe et des différentes filiales sera favorisée.

France Télécom a affirmé qu'il ne cèderait pas d'activité majeure mais allait se recentrer sur ses "marques fortes" : France Télécom, Orange, Wanadoo et Equant. En revanche, "les actifs en position stratégique et  financière faible, ou ceux pour lesquels un contrôle majoritaire est impossible  auront vocation à être cédés". Jeudi matin, l'opérateur de téléphonie mobile Orange a annoncé un programme de réduction d'effectifs pouvant entraîner jusqu'à 2.000 suppressions de postes dans le monde.

  • Un emprunt de 15 milliards

Comme prévu, l'Etat va prêter 9 milliards d'euros à l'opérateur historique via une entreprise publique (Epic). Au total, c'est une avance de 15 milliards d'euros dont va bénéficier France Télécom : "Ca sera 9 milliards pour l'Etat à l'intérieur d'une enveloppe globale de 15 milliards, l'Etat ayant environ 60% du capital et donc 6 milliards pour le reste des actionnaires" a précisé mercredi Francis Mer, ministre de l'Economie et des Finances.

Cette aide va l'aider à honorer ses échéances : France Télécom doit rembourser 15 milliards d'euros de dettes d'ici la fin de l'année 2003.

  • La privatisation envisagée pour la première fois

Le troisième piliers du plan de redressement consiste en une ouverture de capital de 15 milliards d'euros. Mais l'opération n'est pas "imminente", a-t-on immédiatement précisé. Elle se fera lorsque "les conditions de marché le permettront". Certains pensent qu'elle ne devrait pas intervenir avant 18 mois.

Parallèlement, le gouvernement a, pour la première fois, officiellement évoqué une vente d'une partie de ses parts dans France Télécom. Pour le moment, il est toujours l'actionnaire majoritaire avec 56,4% du capital mais aurait vocation à devenir minoritaire.

Bercy indique en effet que le gouvernement, tout en "apportant aujourd'hui clairement son soutien à France Télécom", constate "que l'obligation juridique d'une détention majoritaire du capital de l'entreprise a été l'une des causes de la crise financière actuelle". La loi de 1996 régissant le nouveau statut de société anonyme de France Télécom précisait en effet que l'Etat devait y rester majoritaire. Une vente des parts de l'Etat obligerait à légiférer.

Par S.L le 05 décembre 2002 à 10:38
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