© INTERNELe week-end semble avoir été actif pour les équipes des banques engagées dans la course au contrôle du Crédit Lyonnais. Dimanche soir, c'est BNP Paribas qui démentait préparer une offre publique d'achat (OPA) sur le Crédit Lyonnais "dans l'état actuel des choses", et réaffirmait "sa volonté d'ouvrir un dialogue" avec la banque au lion. L'hebdomadaire économique britannique The Business avait indiqué dimanche, que BNP Paribas préparait une OPA pour 18,8 milliards d'euros et allait acheter davantage de titres cette semaine pour renforcer sa participation de 16,2%. Le journal indiquait notamment que BNP Paribas négociait avec les banques allemande Commerzbank et espagnole BBVA pour acquérir leurs participations dans le Lyonnais, respectivement de 4% et de 3,8%. Le démenti de la direction de BNP Paribas a été pour le moins vigoureux, la banque française précisant que l'article du journal britannique était "plein de fausses informations".
BNP Paribas voudrait monter jusqu'à 20% du capital
Si la banque de Michel Pébereau dément les informations divulguées par The Business sur sa stratégie, elle ne peut nier que ses experts s'activent autour des titres du Crédit Lyonnais. Lundi, BNP Paribas a en effet demandé au Comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement (CECEI) l'autorisation de détenir jusqu'à 20% du capital du Crédit Lyonnais. La banque de Michel Pébereau, première actionnaire du Crédit Lyonnais avec au moins 16,2% du capital, a désormais des exigences, et demande à avoir deux représentants au conseil d'administration (CA) de la banque au lion.
Le Crédit Agricole s'est renforcé dans le capital du "Lyonnais"
Parallèlement, le Crédit Agricole (qui fut longtemps le premier actionnaire privé du Lyonnais avant de se faire souffler la part de l'Etat par BNP Paribas) a renforcé la semaine dernière sa participation de 10,50% à 12,17% dans le capital de la banque au lion, augurant d'une possible bagarre avec BNP Paribas pour le contrôle du Crédit Lyonnais. La banque verte fait d'autre part partie du noyau dur d'actionnaires, le groupement d'actionnaires partenaires (GAP). Celui-ci regroupe, outre le Crédit agricole, les AGF (Allianz), l'assureur français Axa, Commerzbank, la banque espagnole BBVA et la banque italienne IntesaBCI. Ces entreprises sont toutes liées par un pacte d'actionnaire, jusqu'au 1er juillet 2003, stipulant que les membres du GAP sont libres d'acheter des titres sur les marchés, mais doivent proposer leurs titres à la vente, en priorité aux autres membres du GAP, et ce jusqu'au 1er juillet 2003. Ce droit de préemption sur les titres des autres membres, s'exerce cependant, sous réserve de proposer au "minimum les mêmes conditions au vendeur".
La pression monte au sein du GAP, lundi, la quatrième banque allemande Commerzbank a refusé de commenter des informations de presse selon lesquelles elle négocierait la vente à BNP Paribas de sa part de 4% dans le Crédit Lyonnais. La lutte ne fait que commencer, car les deux protagonistes en piste ont des atouts importants à faire valoir. Ainsi, selon Philippe Ricarte, analyste chez KBC Securities."l'issue de la bataille reste très incertaine et il n'y a pas de certitudes absolues sur ce dossier".
Photo LCI : M. Peylevade Pdg du Crédit Lyonnais
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