© INTERNELe groupe d'électronique de défense et de téléphonie Sagem a annoncé mercredi, qu'il avait racheté la part du capital de Gemplus détenue par son fondateur Marc Lassus et détenait désormais 10% du leader mondial du secteur de la carte à puce. Cette opération a relancé la bataille pour le contrôle de l'entreprise française, dont le fonds d'investissement américain TPG détient 26%. Ce débarquement en force, qui fait du groupe français d'équipements de télécommunications le troisième actionnaire de Gemplus, vise à "renforcer les partenariats industriels" entre les deux groupes, a fait valoir Sagem. La direction de Sagem a également insisté sur sa volonté de ne pas prendre le contrôle du champion de la carte à puce, et "d'agir de façon amicale, dans le cadre d'un investissement industriel."
L'actionnaire principal se dit ravi de l'arrivée de Sagem
Le fonds d'investissement américain Texas Pacific Group (TPG), premier actionnaire du groupe français Gemplus, s'est félicité mercredi de l'entrée de Sagem dans le capital la société française. "TPG reçoit favorablement l'arrivée de Sagem au capital de Gemplus, car elle devrait aider à stabiliser la situation, dans l'intérêt des salariés, des clients et des actionnaires", a précisé une porte-parole de TPG à Paris. " Malgré cette ambiance amicale, ces assurances n'ont pas convaincu, d'autant que selon certaines rumeurs, rapportées par le quotidien Le Monde, le financier belge Albert Frère aurait de son côté acquis en bourse entre 1 et 2% de Gemplus. Il n'en fallait pas plus pour provoquer une flambée du cours de Gemplus qui, a finalement clôturé mercredi à la Bourse de Paris sur une hausse de 18,18%, à 1,30 euro.
Objectif : contrôler une technologie de pointe
Au delà de la bataille financière, c'est bel et bien le contrôle des brevets innovants de Gemplus, qui est l'enjeu des investissements massifs tant du côté US, que de Sagem. L'actionnaire américain, TPG est d'ores et déjà confronté à une guerre de tranchées, déclenchée par l'ex-Pdg, Marc Lassus, et d'autres actionnaires européens, qui accusent le groupe texan de vouloir transférer aux Etats-Unis, la technologie de Gemplus. Inventée par le Français Roland Moreno il y a une trentaine d'année, la carte à puce apparaît en effet aujourd'hui, comme l'une des technologies les plus prometteuses en matière de sécurité et d'identification des personnes. Le patron de TPG, David Bonderman, se dit "excédé" par les soupçons qui pèsent sur lui, et juge "ridicules" les rumeurs "de conspiration des Etats-Unis". Pour appuyer ses propos, il a souligné que "cette technologie est partagée par Oberthur, Schlumberger, G and D (Giesecke and Devrient) et six concurrents chinois".
Malgré ce vif démenti, nombre d'experts font remarquer que les technologies maîtrisées par Gemplus, font partie des très rares exemples du secteur "high tech" dans lesquels les USA ne sont pas leaders, et aimeraient bien remédier à cette lacune. Les domaines d'applications sont légions, et font manifestement saliver de nombreux investisseurs, malgré la santé financière chancelante de Gemplus.
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