© INTERNELes investisseurs ne sont pas près d'oublier l'année 2002, pour ses performances exceptionnelles, à la baisse. Ces 12 mois se sont avérés les plus mauvais en terme de résultats, depuis des décennies pour les marchés boursiers des économies développées. Une telle succession de reculs des indices, n'avait pas frappé la plupart des pays occidentaux et asiatiques, depuis la Seconde guerre mondiale, voire la crise des années 1930. Après des baisses de 6% en 2000 et de 7% en 2001, l'indice de référence DJIA de Wall Street affichait lundi un recul de 17% depuis le début de l'année. Pis, le marché des valeurs technologiques Nasdaq, ex "Graal" des investisseurs, a dérapé d'environ 30%.
Les analystes et les économistes dans "le flou"
S'il y a un chose, en dehors des pertes, que toutes les places financières partagent, c'est la difficulté d'effectuer des prévisions un tant soit peu fiables, sur des marchés de plus en plus complexes, globaux, en particulier en période de fortes tensions géopolitiques. Ainsi, le très médiatique Marc Touati, chef économiste de Natexis-Banques Populaires, qui prédisait en juillet, un retour du CAC-40 aux 4.000 points, confiant dans la croissance américaine. Mais l'indice vedette de la Bourse de Paris a reculé inexorablement, pour osciller actuellement autour de 3.000 points. Nombreux sont ceux qui auraient pu être cités ici, pour les même raisons. La grande majorité des alter ego de Marc Touati, officiant dans d'autres établissements prestigieux, français, et anglo-saxons, avaient également largement surestimé la capacité des marchés à se reprendre.
Vers une quatrième année de baisse ?
Si, de l'avis quasi général, c'est bien de la croissance des Etats-Unis, et notamment de sa consommation, que dépend l'avenir des bourses mondiales, les points de vue divergent nettement sur les chances d'un retournement de tendance. "Nous ne nous attendons pas à une quatrième année de baisse" de Wall Street, expliquent les analystes de Salomon Smith Barney. Mais Stephen Roach, analyste de Morgan Stanley, soutient "que les risques pesant sur une économie mondiale centrée sur les Etats-Unis sont plus importants" que la majorité des observateurs ne le pense.
La grande nouveauté apportée par l'année 2002 est l'inquiétude profonde qu'elle a générée sur les fondements des économies des pays développées : en effet, jusqu'à l'été, les soubresauts boursiers étaient expliquées par les scandales financiers géants, comme Enron, ou Worldcom aux USA. Depuis, au-delà des tensions géopolitiques (crise irakienne, terrorisme, Corée du nord), c'est désormais la santé même de l'économie mondiale qui fait débat.
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