Pas de guerre pas de pétrole

Par RG, le 27 janvier 2003 à 07h00 , mis à jour le 27 janvier 2003 à 14h27

Le pétrole irakien qui attise bien des convoitises, est au centre de toutes les conversations économiques du moment. De Davos au Pentagone en passant par Porto Alegre, l'or noir de Saddam occupe l'espace médiatique, et est au premier rang des actifs irakiens à conquérir.

tank armee guerre golfe © INTERNE

Le pétrole irakien a dominé l'actualité économique du Proche-Orient de cette semaine marquée, au plan militaire, par la poursuite de la mobilisation américaine en vue d'une offensive éventuelle contre Bagdad. Le quotidien britannique Guardian a affirmé jeudi, que l'armée américaine avait établi des plans pour protéger les champs pétrolifères irakiens en cas d'offensive contre Bagdad, afin d'éviter une répétition du scénario de cauchemar lors de la guerre du Golfe en 1991, des incendies géants ravageant des centaines de puits. 

Des forces spéciales US pour protéger les puits

L'Irak possède les deuxièmes réserves mondiales prouvées, et est le seul pays à pouvoir rivaliser avec l'Arabie Saoudite sur l'échiquier mondial du brut. Très pragmatique, le département d'Etat a souligné, lors d'une réunion en décembre, sur l'avenir de l'Irak après le président Saddam Hussein, que le pétrole était la "question numéro un". Un des participants a précisé qu'un plan pour protéger les puits de pétrole était "déjà en place", laissant entendre que les forces spéciales prendraient le

contrôle des principales installations au début de toute offensive terrestre pour renverser le régime, poursuit le Guardian. Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a indiqué que Washington examinait l'attitude à adopter face à l'industrie pétrolière irakienne dans l'éventualité d'un conflit et d'une occupation de l'Irak par l'armée américaine. "Si nous sommes la puissance d'occupation, ce sera au bénéfice du peuple irakien", a déclaré le secrétaire d'Etat dans une interview accordée mardi à plusieurs grands quotidiens régionaux américains.

Pas de pétrole pour l'Allemagne et la France

Ces déclarations vont dans le même sens que les nombreux articles parus dans la presse anglo-saxonne affirmant que le déploiement militaire massif de Washington et Londres, tout autour du Golfe, n'était pas motivé par le pétrole. Le pavé dans la mare est venu d'un sénateur américain influent, Richard Lugar. "La position du sénateur Lugar, qui préside également la commission des affaires étrangères, est que si les Français et les Russes veulent avoir accès à l'exploitation et aux concessions pétrolières après Hussein, ils doivent aussi participer aux efforts militaires, et au partage des coûts pour chasser Saddam Hussein du pouvoir", a déclaré jeudi son porte-parole, Andy Fischer. Que l'on apprécie ou pas cette déclaration explicite du sénateur républicain, force est de constater que de nombreuses entreprises du secteur pétrolier, ont tout à perdre dans un conflit gagné d'avance (sauf improbable surprise) par les marines US.

Bagdad avait en effet signé, au cours des années 1990, des accords avec des firmes françaises, russes et chinoises pour le développement de larges champs pétroliers. L'idée était alors d'accroître la production irakienne jusqu'à six millions de barils par jour. Si comme l'affirment leurs dirigeants, le pétrole n'est pas la motivation principale des Etats-Unis, il est en tout cas au cœur de tous leurs scénarios d'avant et d'après l'invasion de l'Irak, et pour le partage il vaudra mieux avoir fait partie de la coalition anti-Saddam.

Par RG le 27 janvier 2003 à 07:00
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