Le Père Noël est parti avec l'outil de production

Par , le 08 janvier 2003 à 17h29 , mis à jour le 08 janvier 2003 à 16h15

De retour de congés de fin d'année, les 46 salariés de l'entreprise Palace Parfums en Seine-Maritime ont découvert leur entreprise vidée de tout matériel. Le directeur avait lui aussi disparu.

foule emploi stress © INTERNE

Une bien mauvaise surprise pour les 46 salariés de Palace Parfums en Seine-Maritime. En reprenant le travail lundi matin à Saint-Nicolas d'Aliermont, ils ont trouvé la porte de leur entreprise close et, quand ils ont enfin réussi à l'ouvrir, l'atelier avait été vidé de toutes machines et de tout son matériel de production. De directeur, aucune trace.

Le 20 décembre dernier, juste avant les congés de fin d'année, le directeur de Palace Parfums,

 
L'Etat assurera les salaires

François Fillon, ministre des Affaires sociales,  a déclaré
que l'Etat assurera les
salaires de janvier et
mettra en place le plan
social ainsi que les mesures
de reclassement pour les
46 salariés de
l'usine Palace Parfums.
"Il y a une enquête de
police en cours. Nous
allons nous retourner
contre les dirigeants de
cette entreprise.
C'est une opération
frauduleuse qui est
passible de sanctions
pénales pouvant aller
jusqu'à la privation de
liberté", a ajouté
François Fillon.
 

Philippe Nano, offre le champagne à ses salariés, en grande majorité des femmes et leur souhaite de bonnes vacances. Pendant les deux semaines suivantes, ils devaient être placés en chômage technique pendant le remplacement de matériel impliquant que les ouvriers ne soient pas présents. "Le directeur nous a expliqué que nous devions conserver une chaîne d'emballage de parfums et développer une nouvelle activité de conditionnement de téléphones portables", rapporte Christelle Chauquart, salariée de l'entreprise et déléguée CFDT. "Quelques-unes d'entre nous ont ensuite reçu un courrier daté du 2 janvier indiquant que l'entreprise connaissait des difficultés et que l'activité ne reprendrait pas le 6 janvier comme prévu", explique Christelle Chauquart.
 

Un directeur "licencié" et une maison mère "fantôme"

Depuis lundi, la maire UDF de Saint-Nicolas d'Aliermont, choquée par le traitement réservé à ces 46 personnes a mis à leur disposition des locaux municipaux. "Alertée d'allers et venues de camions devant l'usine le 24 décembre, je m'étais rendue sur place et le directeur de l'entreprise m'avait alors dit de ne pas m'inquiéter, qu'il réaménageait les locaux", raconte la maire, Blandine Lefebvre. Le 3 janvier, la gendarmerie la prévient que des personnes sont en train de démonter un des bâtiments de l'entreprise. Et le 6, toutes les machines ont disparu : "ce sont apparemment des camions espagnols et italiens qui ont fait le déménagement", explique Sylvain Bienaimé, secrétaire général de l'antenne locale de la CFDT. "De là à imaginer qu'ils ont délocalisé l'activité…".

Pour l'heure, les 46 salariés ont reçu leur salaire du mois de décembre car l'inspecteur du travail avait, entre temps, refusé la mise au chômage technique. Mais ils n'ont aucune certitude quant à leur avenir. Mardi soir, le tribunal de commerce de Neuchâtel n'avait toujours pas eu connaissance d'un dépôt de bilan de Palace Parfums. Les salariés ne peuvent donc être licenciés et bénéficier du chômage. "Certaines d'entre nous vivent seules avec des enfants à charge et ne savent pas comment elles vont faire", explique la déléguée syndicale. Quant au directeur, contacté par téléphone par Sylvain Bienaimé, il aurait déclaré avoir lui-même été licencié. Mais par qui ? La société Parfums des Champs que les salariés croyaient être leur maison mère, décline toute responsabilité. Les salariés ont saisi le tribunal de commerce ainsi que les Prud'hommes pour faire reconnaître leurs droits.

Par Sophie Lutrand le 08 janvier 2003 à 17:29
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