© INTERNELes végétaux ne seront donc pas épargnés par le doute sur la sécurité des aliments. Selon une enquête réalisée par l'association de défense de consommateurs Que Choisir, une majorité des haricots verts commercialisés en France contiendrait des résidus de pesticides. Soixante pour cent des 50 échantillons d'haricots verts analysés seraient concernés. Ceux venant du Maroc et du Kenya seraient plus souvent contaminés que ceux en provenance de France. Selon l'enquête publiée dans l'édition de février du magazine, les 50 échantillons de haricots verts (filets ou mange-tout) venus d'Afrique ou d'Europe, ont été achetés en grandes surfaces, sur les marchés et chez des détaillants.
Les produits ont été analysés par un laboratoire accrédité à raison d'un kilogramme de haricots par échantillon. Il en ressort que seuls 40% des échantillons sont indemnes de toute contamination. Deux échantillons présentent respectivement quatre et cinq résidus de pesticides différents détectables, souligne le magazine. Il rappelle d'ailleurs que "beaucoup de molécules épandues sur les champs ne sont plus détectables au stade de la consommation" et s'interroge donc "sur le nombre de produits réellement utilisés sur ces végétaux". Ces deux échantillons viennent du Maroc et sont contaminés en tétradifon acaricide (produit éliminant les acariens) interdit sur les haricots.
Dangereux pour la santé ?
L'an dernier, des pratiques douteuses de mélanges interdits de produits avaient été découverts et des distributeurs avaient été mis en examen. A l'époque toutefois, les cultures de haricots n'avaient pas été inquiétées.
Concernant la dangerosité de ces résidus de pesticides, aucune certitude mais beaucoup de suspicions. "Il existe une présomption sérieuse de risques collectifs graves", selon un rapport du ministère de l'environnement datant du printemps dernier. Des études mettent en cause "les pesticides dans la baisse de la fertilité masculine", écrit Que Choisir ajoutant que d'autres recherches suggèrent un effet de l'exposition maternelle (...) sur le risque de mortalité intra-utérine. Des études réalisées sur des viticulteurs, qui manipulent ces produits, montrent que ces derniers développeraient davantage de cancers. Quant à la consommation de ces produits, les effets sont encore moins connus. Seule l'Afssa a estimé que les nourrissons étaient peut-être trop exposés à ces substances, et plus sensibles que les adultes.
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