Petites nouvelles des matières premières

Par Gérard Ransay, le 18 janvier 2003 à 07h00 , mis à jour le 27 janvier 2003 à 11h34

Les matières premières sont toujours très sensibles aux soubresauts géopolitiques de la planète. Sans surprise, le pétrole est au plus haut par crainte de conflit en Irak, tout comme l'or qui reste une valeur refuge.

plateforme plate forme petrole petrolière © INTERNE

Les récentes déclarations de Hans Blix, le responsable des inspecteurs de l'ONU en Irak, et les mots musclés de George Bush à l'encontre de Saddam Hussein, ont propulsé les cours du pétrole brut au-dessus de la barre des 30 dollars. Tout au long de la semaine, les craintes au sujet de l'Irak et du Venezuela ont fait passer aux oubliettes la hausse des quotas de production décidée par l'Opep dimanche dernier. Pis, la découverte d'ogives utilisées pour des armes chimiques en Irak, signalée jeudi par les inspecteurs en désarmement de l'ONU, a fait bondir les cours à leurs plus hauts niveaux depuis plus de deux ans. Le cartel voulait juguler la flambée des prix du brut provoquée par la grève du secteur pétrolier au Venezuela, en augmentant sa production. Cette manœuvre qui visait à ramener le baril à 28 dollars a eu des effets négligeables. Les analystes estiment que si une guerre en Irak affecte les exportations irakiennes, alors que la grève au Venezuela est toujours en cours, la quantité de brut manquante s'élèvera à 5 millions de barils par jour (mbj).

"La capacité de l'Opep hors Irak et Venezuela est de 25 mbj, ce qui correspond à la quantité de pétrole nécessaire pour calmer les cours au premier trimestre", a indiqué J.J. Traynor, analyste à la Deutsche Bank. "Il n'est pas sûr que cela suffise à combler une chute de la production simultanée en Iraq et au Venezuela", a-t-il ajouté. D'autres experts du secteur sont déjà plus catégoriques et parlent de pénurie possible si la guerre éclatait.

Entamer les réserves stratégiques

Selon le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer, celle-ci étudie toutes les options quant à un recours éventuel aux réserves stratégiques de pétrole des Etats-Unis en cas de perturbations

des approvisionnements, mais aucune décision n'aurait été prise pour le moment. Selon le gouvernement américain, les raffineries devront réduire leurs activités une fois que les stocks seront tombés en-dessous de 270 millions de barils (ils se situent actuellement juste au-dessus de 272 millions de barils). Les réserves stratégiques de pétrole ont été établies depuis 1977 dans une cinquantaine de mines de sel situées en bordure du golfe du Mexique, dans les Etats de Louisiane et du Texas. La constitution de ces réserves avait été décidée par le président Gerald Ford en 1975 après la première crise pétrolière de 1973-74. Elles sont actuellement à leur plus haut niveau depuis leur création, à près de 600 millions de barils, ce qui représente plus d'un mois de consommation.

L'or, valeur refuge

Tout comme le pétrole que la tension irakienne a fait grimper, l'or a lui aussi flambé sur les marchés spécialisés. Son cours a atteint un nouveau plus haut depuis près de six ans cette semaine, jouant son rôle de valeur refuge, face aux craintes d'une guerre en Irak. "Les cours de l'or s'étaient repliés cette semaine, jusqu'à l'annonce jeudi de la découverte de têtes chimiques en Irak, qui a fait bondir les prix de six dollars", a indiqué Stephen Briggs, analyste à la Société Générale. "C'est l'Irak et uniquement l'Irak qui a fait remonter les cours", a ajouté cet analyste. L'once d'or a pris 6 dollars vendredi, montant jusqu'à 358,20 dollars, son niveau le plus élevé depuis mars 1997. Le cours de l'or s'était pourtant replié en début de semaine en raison de l'annonce de la Banque Centrale du Portugal, selon laquelle elle avait vendu 15 tonnes d'or fin 2002.

Les inspections des semaines à venir en Irak, devraient être décisives pour l'évolution de l'or et du pétrole. Le temps presse car selon le secrétaire d'Etat américain Colin Powell, le président Bush est désormais prêt à assumer le cas échéant, "seul, et avec les nations qui pensent comme lui, la responsabilité d'une guerre contre l'Irak."

Par Gérard Ransay le 18 janvier 2003 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience