Seillière, réélu, sans surprise

Par S.L, le 14 janvier 2003 à 18h36 , mis à jour le 14 janvier 2003 à 22h44

L'actuel président du Medef a été réélu mardi pour un mandat de trois ans. E.A Seillière a exhorté le premier ministre, présent à la cérémonie d'adoubement, à créer un "sursaut".

Ernest-Antoine Seillière | AFP © INTERNE

Une élection sans suspense. Ernest-Antoine Seillière, président du Mouvement des entreprises de France (Medef) depuis cinq ans, a été réélu mardi avec 98% des votes lors de l'Assemblée générale du mouvement qui se tient à Tours. Aucun candidat ne s'est présenté contre lui. A 65 ans, le baron Seillière est réélu pour un deuxième mandat limité à trois ans par les statuts de l'organisation.

La seule originalité de ce congrès résidait dans la présence du Premier ministre. C'était la première

"Ce que je vous
propose, c'est la réconciliation
entre l'Etat et
les entreprises",
Jean-Pierre Raffarin
 

fois qu'un chef de gouvernement assiste à une telle assemblée de la principale organisation patronale. Le baron Seillière en a profité pour envoyer un message à Jean-Pierre Raffarin et l'inviter à "créer un sursaut". "Vous avez, Monsieur le Premier ministre, sifflé ces derniers mois la fin de la récréation, mais vous n'avez pas encore convaincu la France qu'elle devait se remettre au travail", a-t-il ajouté."Nous ne pouvons plus voir nos atouts gâchés, nos capacités stérilisées, nos efforts entravés", a poursuivi le président du Medef.

Le discours attendu du Premier ministre a proposé un pacte : "Ce que je vous propose, c'est la réconciliation entre l'Etat et les entreprises", a-t-il déclaré. Il a également fait le point sur plusieurs réformes réclamées par les entrepreneurs. Ainsi la fiscalité des entreprises françaises serait "ramenée dans la moyenne européenne" d'ici cinq ans et la baisse de l'impôt sur le revenu sera poursuivie. Il a également demandé aux chefs d'entreprise réunis de faire leur possible pour faire "aboutir sans tarder sur le domaine de la formation professionnelle. Concernant l'épineuse réforme des retraites, JP Raffarin leur a demandé de "pas se focaliser sur un seul paramètre, qu'il s'agisse du taux de cotisations, du taux de remplacement ou du taux de durée de cotisations". Le président du Medef avait déclaré que le seul levier utilisable était la durée de cotisations des salariés.  

Les patrons inquiets pour 2003

Les chefs d'entreprise ne voient pas l'année 2003 en rose, loin s'en faut, selon un sondage de la Sofres publié mardi dans Le Figaro. La moitié prévoit ainsi une croissance du produit intérieur brut (PIB) comprise entre 1% et 2% en 2003, plus faible que la fourchette officielle de 2% à 2,5%. Seul un patron sur dix croit à la prévision de croissance retenue par le gouvernement. Les chefs d'entreprise sont plus de la moitié à estimer que leurs investissements en France vont rester stables en 2003. L'emploi ne sera pas mieux loti puisque 72% prévoient le maintien de leurs effectifs cette année et 10% entendent les réduire. Une majorité (52%) s'attend à ce qu'il y ait entre 2,5 et 3 millions de chômeurs en France en 2003, contre 2,3 millions actuellement.

Par S.L le 14 janvier 2003 à 18:36
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