© INTERNEL'ancien patron du Club Med Serge Trigano, président du groupe de loisirs de 1993 à 1997, a décidé d'employer les grands moyens, et d'attaquer, devant les tribunaux américains, la société de conseil américaine Bain&company. Il accuse l'entreprise US d'avoir provoqué sa chute, et réclame la bagatelle de 70 millions d'euros de dommages et intérêts à Bain.
Selon Serge Trigano, les consultants de Bain auraient sciemment aidé la famille Agnelli, à convaincre d'autres actionnaires du Club, de le pousser brutalement vers la porte de sortie, confirmant des informations révélées par Le Point, et le quotidien britannique Financial Times. Le procès devrait débuter lundi à Boston, où siège Bain, et ce, malgré les tentatives du consultant pour l'annuler. Le jugement lui, devrait être rendu le 4 février, a ajouté M. Trigano. "Je souhaite surtout réhabiliter mon image", a-t-il insisté. Le fils du fondateur du Club affirme que Bain a remis en 1997 à certains actionnaires, et notamment Nippon Life, un groupe d'assurance japonais, une deuxième version d'un rapport commandé par Club Med, dressant un tableau beaucoup plus sombre de l'entreprise, que celle qui lui avait été remise à lui, et à ses collaborateurs.
"Objectif : discréditer Trigano"
"L'objet de la plainte, est la manipulation par Bain de deux rapports. J'avais commandé un audit stratégique à ce cabinet de conseil, et me suis aperçu après un certain temps, que Bain avait fourni un deuxième rapport dont je n'avais jamais eu connaissance", a déclaré M. Trigano. "L'objectif était de me discréditer auprès de Nippon Life", pense-t-il. D'après l'ex président du Club, il y a plus de vingt points de différences "entre les deux rapports qui ont été fait à 5 jours d'intervalle". Bain a été rémunéré à hauteur de 790.000 euros par le Club Med pour le rapport officiel, a affirmé l'ex président du groupe français. Toujours selon Serge Trigano, Bain a par la suite conclu nombre de contrats de consulting avec la famille Agnelli. "Ils (Bain) ne peuvent pas me dire à moi, c'est pas mal, et faire un autre rapport à la demande de quelqu'un qui n'avait pas autorité pour le demander, le faire circuler, et nous dire : mais c'est la même chose" ! Le fils du fondateur du Club Med précise que Bain "a répondu que le rapport que j'ai eu, moi, était le final, que l'autre était le rappport intermédiaire, et qu'ils ont atténué un peu les jugements pour ne pas me faire de la peine".
"On est dans les mêmes questions d'éthique de ces cabinets que dans l'affaire Enron a-t-il jugé. La famille italienne Agnelli (propriétaire de Fiat) détenait en 2001 près d'un tiers des droits de vote du Club Med (25.000 employés) à travers les sociétés IFIL et Exor Group (23,8% des titres) et Nippon Life en possédait 3,4%. Bien entendu, le consultant américain rejette catégoriquement ces accusations, et attend le début des hostilités de pied ferme.
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