Le téléchargement irrite de plus en plus les pros du disque

Par DjS, le 19 janvier 2003 à 18h15 , mis à jour le 19 janvier 2003 à 11h15

A la veille du 37e Midem à Cannes, les représentants de l'industrie mondiale de la musique ont réaffirmé samedi leur détermination à mettre fin à la copie pirate, par Internet principalement.

Photo de CD dans un magasin de disque © INTERNE

Le portique anti-vol du Virgin retentit. Course folle sur les trottoirs bondés. Au fond de son sac, un jeune type emporte le dernier Eminem. Volé. Au même moment, dans sa chambre, une ado imprime le livret du dernier CD de Manu Chao. Sur l'écran de son PC, un message indique que le téléchargement du dernier morceau de "Radio Bemba Sound System" est terminé "avec succès". Reste à le graver et le tour est joué. Volé aussi, accusent les professionnels du disque.

"C'est génial !"

Robbie Williams, chanteur de pop britannique : "La piraterie ? Je pense que c'est génial. On ne peut rien y faire. Je suis certain que ma maison de disques (EMI), mon manager et mes comptables me haïront de dire cela. J'ai fait le tour de toutes les maisons de disques et leur ai demandé :  Qu'est ce que vous comptez faire à ce sujet ? Et j'ai entendu beaucoup de blabla. Les patrons des maisons de disques ne savent pas que faire".
    

"Un gamin qui vole un disque dans un magasin sait fort bien qu'il enfreint la loi, le même qui télécharge illégalement de la musique feindra de l'ignorer", estime le PDG d'Universal Music France, Pascal Nègre. Sous le très sobre intitulé "Comment passer d'un modèle gratuit à un modèle payant ?", l'industrie musicale a déclaré samedi à Cannes la guerre totale contre la copie frauduleuse facilitée par les nouvelles technologies, que ce soit le gravage de disques compacts ou le téléchargement "pirate" sur Internet.

Chiffres d'affaires en baisse

Lors des trois premiers MidemNet, la version Hi Tech du Marché International du Disque et de l'Edition Musicale (dont la 37e édition s'ouvre dimanche dans la cité balnéaire), il s'était encore trouvé des optimistes ou des doux rêveurs pour s'extasier devant les énormes possibilités de diffusion offertes par les nouvelles technologies. Cette année, les professionnels ne rigolent plus. Mais plus du tout.

Et pour cause, en 2002, le marché phonographique international n'a rapporté "que" 30,3 milliards de d'euros. C'est 9% de moins que le chiffre d'affaires de 2001. Pour les pros, la copie pirate explique cette débandade. Un institut américain estime à 5 milliards le nombre de fichiers musicaux qui ont circulé dans le monde l'an dernier. "Cela nous coûte environ 10 à 15% du marché", évalue-t-on chez Universal France (suite en page 2).


(Suite de la page 1)

En matière de "copillage", les Etats-Unis (-11%) et l'Allemagne (-20%) sont les plus touchés. Avec une courbe en hausse de 5%, la France fait figure d'exception. Dopé par les émissions comme "Star Academy" notamment, le répertoire local occupe le haut des hit-parades et, surtout, fait vendre du disque. A eux seuls, les chanteurs français représentent 60% des ventes.

"Le Français
n'est pas encore
aussi pointu
en matière
de technologie que
son homologue
de pays équivalents"

Ça ne durera pas, augure Marc Guez, directeur général de la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP). Si l'industrie se porte si bien dans l'Hexagone, ce n'est pas parce que les chanteurs y sont meilleurs. Non, c'est "parce que le consommateur français n'est pas encore aussi pointu en matière de technologie que son homologue de pays équivalents". "Le Français télécharge moins de musique, mais ce relatif retard sera bientôt comblé et nous nous retrouverons dans la même position de difficulté que les autres pays", prédit-il.

BMG, EMI-Virgin, Sony Music, Universal, Warner, les cinq multinationales du disque, n'ont pas encore trouvé de parade efficace pour lutter contre la piraterie. Le moins qu'on puisse dire c'est que le succès n'est pas au rendez-vous pour leurs sites de téléchargement légaux, comme Press Play qui associe Sony et Universal ou MusicNetqui qui réunit BMG, EMI et Warner. "Si vous avez le choix entre télécharger un titre gratuitement et la possibilité de faire de même, fut-ce pour 10 centimes, je doute que vous optiez pour la seconde solution", explique Pascal Nègre.

Par DjS le 19 janvier 2003 à 18:15
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience