© INTERNELe portique anti-vol du Virgin retentit. Course folle sur les trottoirs bondés. Au fond de son sac, un jeune type emporte le dernier Eminem. Volé. Au même moment, dans sa chambre, une ado imprime le livret du dernier CD de Manu Chao. Sur l'écran de son PC, un message indique que le téléchargement du dernier morceau de "Radio Bemba Sound System" est terminé "avec succès". Reste à le graver et le tour est joué. Volé aussi, accusent les professionnels du disque.
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Chiffres d'affaires en baisse
Lors des trois premiers MidemNet, la version Hi Tech du Marché International du Disque et de l'Edition Musicale (dont la 37e édition s'ouvre dimanche dans la cité balnéaire), il s'était encore trouvé des optimistes ou des doux rêveurs pour s'extasier devant les énormes possibilités de diffusion offertes par les nouvelles technologies. Cette année, les professionnels ne rigolent plus. Mais plus du tout.
Et pour cause, en 2002, le marché phonographique international n'a rapporté "que" 30,3 milliards de d'euros. C'est 9% de moins que le chiffre d'affaires de 2001. Pour les pros, la copie pirate explique cette débandade. Un institut américain estime à 5 milliards le nombre de fichiers musicaux qui ont circulé dans le monde l'an dernier. "Cela nous coûte environ 10 à 15% du marché", évalue-t-on chez Universal France (suite en page 2).
(Suite de la page 1)
En matière de "copillage", les Etats-Unis (-11%) et l'Allemagne (-20%) sont les plus touchés. Avec une courbe en hausse de 5%, la France fait figure d'exception. Dopé par les émissions comme "Star Academy" notamment, le répertoire local occupe le haut des hit-parades et, surtout, fait vendre du disque. A eux seuls, les chanteurs français représentent 60% des ventes.
"Le Français |
BMG, EMI-Virgin, Sony Music, Universal, Warner, les cinq multinationales du disque, n'ont pas encore trouvé de parade efficace pour lutter contre la piraterie. Le moins qu'on puisse dire c'est que le succès n'est pas au rendez-vous pour leurs sites de téléchargement légaux, comme Press Play qui associe Sony et Universal ou MusicNetqui qui réunit BMG, EMI et Warner. "Si vous avez le choix entre télécharger un titre gratuitement et la possibilité de faire de même, fut-ce pour 10 centimes, je doute que vous optiez pour la seconde solution", explique Pascal Nègre.
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