© INTERNEComme chaque année depuis maintenant quanrante ans, le Salon de l'agriculture, qui a été inauguré samedi matin par Jacques Chirac, sera l'occasion pour les petits, et les moins petits citadins de découvrir la "plus grande ferme du monde". Ancien ministre de l'Agriculture, le chef de l'Etat , fréquemment applaudi au cours de ce marathon de plus de trois heures, a pu mesurer sa popularité dans le monde rural.
L'an dernier, c'est près d'un Français sur 100 qui a fait le déplacement pour admirer veaux, vaches et autres cochons, eux aussi, déplacés en masse. On en n'attend pas moins cette année. Alors, on pourrait, comme chaque année, égrainer le nombre d'animaux à quatre pattes (3000 vaches, moutons, porcs, chevaux, ...). Parler des nouveautés : la participation pour la première fois des bières au fameux concours général agricole, l'installation d'une Odyssée verte, véritable parc initiatique, la création d'un concours de chiens. Ou encore, évoquer la Normandie, qui est cette année mise à l'honneur et les centaines de nouveaux produits "locaux, authentiques ou exotiques" qui y seront présentés tout au long de la semaine.
Derrière le folklore...
Mais aussi réjouissant que soit ce tableau, le quotidien des agriculteurs et les perspectives le sont eux beaucoup moins. La profession doit affronter deux problèmes majeurs : d'une part, le vieillissement de sa population et un projet européen qui, selon la profession, pourrait signer l'arrêt de mort d'un grand nombre d'agriculteurs français.
Aujourd'hui, un agriculteur sur deux a plus de 55 ans dans l'Union européenne, selon des statistiques d'Eurostat. Et la relève ne se bouscule pas au portillon : quand deux agriculteurs partent en retraite, un seul s'installe. Le métier pâtit d'une "mauvaise" image : travail difficile, accaparant, incertain et mal rémunéré.
... des craintes pour l'avenir
Un autre frein à l'arrivée de jeunes dans la profession est sans doute l'incertitude qui entoure l'avenir de l'agriculture en France. Et le projet de réforme de la Politique agricole commune (PAC) défendu par le commissaire européen, Franz Fischler, n'est sans doute pas pour les rassurer. Ce dernier souhaiterait revenir sur le système d'aides dont les agriculteurs français sont les premiers bénéficiaires.
Dans les grandes lignes, ce plan de réforme prévoit de "découpler" le montant des aides du niveau de production : plus on produit et plus on obtient d'aides. Il s'agirait donc de revenir sur la politique productiviste que la France n'a jamais vraiment abandonnée.
Photo : DR Salon International de l'Agriculture
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