© INTERNELa déroute du géant néerlandais de la distribution Ahold, numéro trois mondial du secteur, a démarré lundi, à la suite de la découverte d'irrégularités comptables de plus de 500 millions de dollars dans une de ses filiales américaines, U.S Foodservice. Le scandale ne fait que commencer, mais il s'agit déjà des plus importantes fraudes comptables jamais découvertes dans les comptes d'un groupe européen. Ahold naguère si rassurant, n'est pas encore en faillite, mais la démission du PDG, du directeur financier, et la dégradation de sa note par l'agence de notation financière Standard and Poor's, au même niveau que les "obligations pourries" (Junk Bond) ont mis le feu aux poudres.
Mardi, l'action regagnait un peu de terrain (+4,74% à 3,76 euros vers 9h34) à la bourse d'Amsterdam. Ce léger mieux ne pèse pas grand chose au regard de la catatstrophe de lundi, qui a vu le titre s'effondrer de 63%. Cette chute libre entraînait alors les grandes places boursières européennes dans un dérapage non contrôlé.
Le plus grave est que cette affaire rappelle le spectre de la faillite du groupe US Enron, au bon souvenir des investisseurs européens et américains. Du côté des analystes financiers, on essaye de rester objectif. Selon plusieurs opérateurs de banques d'investissement, l'affaire Ahold n'est cependant pas comparable. "Il semble que les malversations comptables ne soient pas le fait des plus hauts niveaux de la direction mais d'échelons inférieurs au sein de U.S Foodservice. C'est une différence avec Enron, où les plus hauts dirigeants avaient opéré des manipulations intentionnelles", souligne un analyste de SNS Securities.
"Gonflement fictif des revenus"
Là ou les analystes sous-estiment peut être le danger de cette affaire, est que pour les petits porteurs, c'est encore un groupe géant, à priori stable, sur un secteur rassurant, la grande distribution qui est touché. Il va être difficile d'expliquer via la presse comment des maquillages de cette ampleur ont pu être perpétrés en toute impunité. D'autre part, tous les détenteurs d'actions de ce groupe se demandent si les bilans ne recèlent pas d'autres catastrophes. En effet, d'autres malversations supposées dans la prise en compte des résultats des entreprises communes d'Ahold, ICA Ahold, Jeronimo Martins Retail et Disco Ahold International Holdings, forceront probablement le distributeur néerlandais à revoir ses comptes pour 2000.
Cerise sur ce gâteau plutôt indigeste, Ahold a indiqué qu'une enquête menée par des auditeurs externes sur sa filiale argentine Disco avait fait apparaître "certaines transactions contestables". Dans l'attente d'informations complètes, Ahold a décidé de repousser l'annonce de ses résultats annuels, prévue le 5 mars prochain, à une date ultérieure non précisée. Le président du conseil de surveillance, Henry de Ruity a été promu en catastrophe pour remplacer les deux dirigeants démissionaires, et gérer la crise.
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