© INTERNECette fois, Air Lib semble proche de l'arrêt définitif de son activité de transporteur aérien. Le Pdg de la compagnie, Jean-Charles Corbet, a annoncé l'état de cessation de paiement de son entreprise, jeudi lors d'un Comité d'entreprise extraordinaire au siège de la société. Cette décision annoncée de source syndicale a également été confirmée par le tribunal de commerce. A la suite de cette déclaration, le tribunal de Créteil a fixé à lundi prochain 9h une audience en chambre du conseil sur le dossier Air Lib. A l'issue d'une audience à huis clos, le tribunal mettra alors l'affaire "en délibéré" et le président de l'audience fixera "la date et l'heure à laquelle le jugement sera prononcé en audience publique". Bluff ou réelle seconde chance, jeudi après-midi, le PDG d'Air Lib aurait toutefois manifesté l'intention d'avoir "une ultime réunion téléphonique avec Imca l'investisseur néerlandais".
Dépôt de bilan ? reclassement ? Réouverture des négociations avec l'entrepreneur néerlandais ? Le dossier Air Lib est de plus en plus confus. Alors que le gouvernement fait montre de volonté et de dynamisme pour aider les 3200 employés de la deuxième compagnie aérienne française à être reclassés comme si tout projet industriel était mort, le fameux Imca refait jour. Le groupe néerlandais a adressé une lettre au président Jacques Chirac, lui demandant de faire intervenir le gouvernement comme "intermédiaire" entre IMCA et le consortium Airbus. Selon le vice-président d'IMCA, Harm Prins, "un avion est prêt, nous pouvons être à Paris dans une heure pour reprendre les négociations"."Qu'ils aillent faire leur business eux-mêmes"
Dans sa lettre au président, IMCA précise que le gouvernement français a un rôle particulier à jouer : "Comment est-il possible qu'Airbus n'ait pas accepté notre offre ? Je sais qu'il s'agit d'une entreprise privée, mais il y a 18.000 emplois directs et indirects en péril", a jugé le vice-président d'IMCA, estimant que face à un tel enjeu, le gouvernement doit pouvoir "réunir les parties autour de la table pour une discussion raisonnable". "Nous ne pouvons parvenir à un accord sur Air Lib que si nous avons un accord avec Airbus, c'est pourquoi le gouvernement doit endosser une fonction d'intermédiaire", a répété M. Prins.
La réponse du gouvernement, par média interposé, n'a pas tardé : "Airbus est une entreprise privée, IMCA est une entreprise privée. Qu'ils aillent faire leur business eux-mêmes et ne transforment pas, ni le président de la République, ni les membres du gouvernement, en VRP", a déclaré Gilles de Robien sur BFM. "Je pense que les dirigeants d'IMCA sont des grands garçons. Ils savent négocier ce qu'ils achètent. Ils ont su acheter et vendre des machines à coudre pour faire leur fortune. Ils devraient savoir aujourd'hui le cas échéant s'ils en veulent, acheter des Airbus aux meilleures conditions. Une réponse sans équivoque.
Air Lib saisit la commission européenne Air Lib a saisi la Commission européenne pour qu'elle examine la question de la légalité de la suppression par le gouvernement français, le 6 février, de la licence d'exploitation de la deuxième compagnie française. "On attend que Bruxelles se positionne", a déclaré Me Léonzi, l'avocat de la compagnie. Selon un porte-parole de la commission, la lettre de l'entreprise française soulève deux problèmes : "le fait que l'Etat français n'ait pas fait preuve d'assez de diligence pour transmettre à Bruxelles le dossier d'aide d'Etat concernant Air Lib" et "le retrait de la licence de façon intempestive". La Commission n'a pas fait savoir quelle suite elle donnerait à ce courrier. |
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