© INTERNEPlus de 60 délégués de sociétés intervenant dans le transport aérien civil, originaires de 47 pays, se sont donné rendez-vous jeudi, à Singapour pour réfléchir aux difficultés énormes auxquelles ils sont confrontés. En effet, depuis les attentats du 11 septembre 2001, le secteur aérien (l'industrie aérienne mondiale a enregistré 13 milliards de dollars de perte l'an dernier) a été laminé par la menace terroriste. Si le scénario tragique du World Trade center a peu de chances de se reproduire, les terroristes ont néanmoins entre leurs mains, un outil qui donne des cauchemars aux responsables de la sécurité, le missile antiaérien individuel.
Stinger US et Sam 7 russe
Les missiles antiaériens individuels ont fait la une des journaux du monde entier, au cours du conflit soviéto-afghan. A l'époque, les fameux Stinger américains seront fournis par dizaines aux résistants Afghans, par les agents de la CIA, et les services secrets pakistanais (ISI). En quelques semaines, plusieurs hélicoptères de combat soviétiques seront abattus, changeant drastiquement la physionomie de cette guerre. Selon de nombreux experts militaires, les américains n'auraient pas réussi à racheter, ou récupérer de forces les missiles restant à l'issue de la guerre contre les russes. Au vu des résultats en Afghanistan, on peut imaginer qu'une telle arme entre les mains de terroristes décidés à l'utiliser contre des avions civils, auraient un impact dévastateur.
Moins sophistiqué, donc moins cher, mais tout aussi dangereux, le SAM-7 russe est un petit missile portable, dont la technologie remonte aux années 70. Fabriqué à des milliers d'exemplaires, il est largement répandu dans le monde et a même été produit au Pakistan, puis en Egypte. D'une portée maximale de 5 kilomètres, il se dirige vers sa cible grâce à un système de guidage infrarouge. D'après les tubes de lancement retrouvés à 2 kilomètres de l'aéroport, ce serait ce type de missile qui aurait été utilisé au Kenya.
Les protections existent
Contrairement aux avions des compagnies civiles, les armées du monde entier sont équipées d'un double système anti-missile : un détecteur de départ missile (DDM) et des lances leurres thermiques. Le DDM repère le lancement du missile, et les leurres sont alors largués tout autour de l'avion. La chaleur dégagée par ces derniers (supérieure à celle des moteurs) est alors censée détourner le missile de sa cible, en "saturant sa tête chercheuse". A ce jour, aucune information n'a filtré sur le miraculeux "double ratage de Mombasa". S'il ne s'agit pas d'une erreur des terroristes, on peut seulement supposer que les israéliens, experts dans l'art des contre-mesure électroniques, ont peut être déjà équipé leurs avions de systèmes de défense. Les passagers terrorisés, ont affirmé à l'époque, avoir vu les deux missiles se diriger droit vers les réacteurs, puis passer à côté de leur avion.
Le ministre singapourien des transports, Yeo Cheow Ton, a rappelé que "la communauté de l'aviation civile doit demeurer en permanence sur ses gardes et conserver de l'avance sur ceux dont l'objectif est de faire le mal". "Pour ce faire, la coopération parmi les différents organismes de l'aviation mondiale jouera un rôle important".
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