© INTERNELe geste d'une poignée de fous ? ou de doux idéalistes ? Au moment où, en France, on s'apprête à réformer l'impôt de solidarité sur la fortune (IDF) qui taxe les plus gros capitaux, aux Etats-Unis, quelques richissimes personnages se mobilisent pour maintenir à tout prix l'impôt le plus coûteux pour eux : celui sur l'héritage.
Ce mouvement, dont le père de Bill Gates, fondateur de Microsoft est le fer de lance, a lancé une pétition l'an dernier pour maintenir l'impôt que l'administration Bush souhaite réformer et alléger. Parmi ces "altruistes", le géant des média Ted Turner, l'acteur Paul Newman mais aussi le financier George Soros, des membres des familles Rockfeller et Roosevelt. Leur but : éviter de perpétrer une aristocratie de génération en génération et réduire les inégalités entre riches et pauvres.
Cet impôt représentait jusqu'à 55% de la valeur des patrimoines légués. Après le vote d'une loi en 2001, il ne représente plus que 45%. De plus, alors que les patrimoines estimés jusqu'à 675.000 dollars étaient exemptés de cet impôt, la nouvelle loi a relevé cette barre à 3,5 millions de dollars. Enfin, cette loi prévoit la disparition pure et simple de cet impôt d'ici 2010, ce qui risque de creuser encore davantage des déficits publics américains croissants, avancent les critiques. Selon la coalition pour l'argent responsable, plus de 1300 personnes concernées par l'impôts auraient signé la pétition.
Photo ouverture : Le père de Bill Gates (en photo) est le fer de lance de cette coalition
Le gouvernement a commencé mardi la discussion à l'Assemblée sur le projet de loi Dutreil relatif à l'initiative économique avec un pas de plus pour alléger l'ISF. Le projet reprend à son compte un des quatre amendements d'exonération proposés par les députés de la majorité, celui qui prévoit d'exclure du calcul de l'ISF les souscriptions versées en numéraire aux entreprises non cotées. Selon Renaud Dutreil, "cet aménagement est conforme à l'esprit de la loi : créer des emplois, transformer l'argent dormant en argent fertile et créateurs d'emplois". Car la majorité ne veut parler ni de réforme, ni de suppression de l'ISF: elle soutient que les aménagements de cet impôt sont nécessaires pour favoriser l'emploi. Les quatre amendements consacrés à l'ISF seront discutés à la fin des débats, jeudi dans la nuit ou éventuellement vendredi. Pour Renaud Dutreil, ce projet répond vise trois objectifs principaux: "retrouver un rythme de 200.000 entreprises nouvelles crées chaque année", "développer les entreprises existantes" et "faciliter la transmission des entreprises". |
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