© Manreo"Le climat change, la nature et l'agriculture aussi !", prévient l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), à l'occasion du salon de l'agriculture. Deux principaux changements climatiques sont prévus par les experts d'ici à la fin du siècle : le doublement de la concentration en gaz carbonique dans l'atmosphère et l'élévation des températures moyennes de 2 à 4°C.
Conséquence pour les grandes cultures (blé, maïs…) : une maturation plus rapide et une durée de vie plus courte. L'impact sur leur rendement devrait alors osciller entre -10% et +10%. Pour les prairies et les forêts, la production devrait augmenter de 30%. Par ailleurs, "une plus grande fréquence des événements climatiques extrêmes (sécheresse, pluviosité excessive…) induit un stress supplémentaire sur les arbres forestiers, les rendant potentiellement plus sensibles aux attaques de certains ravageurs et parasites", précise l'Inra.
Gare au gel
"Depuis une dizaine d'année, on a constaté que le réchauffement climatique s'est traduit en France par une accélération des cycles de culture" pour les arbres fruitiers et la vigne, indique à tf1.fr Bernard Seguin, directeur de recherche à l'Inra, à Avignon. En 30 ans, la date de floraison des arbres fruitiers a été avancée de 5 à 20 jours. Même phénomène pour les vendanges : les récoltes du cépage Châteauneuf du Pape, dans la vallée du Rhône, s'effectue aujourd'hui avec un mois d'avance sur celles de l'après-guerre.
Paradoxalement, la montée du thermomètre rend ces deux cultures plus sensibles… au gel. En effet, avec le réchauffement climatique, un arbre habituellement en fleur au 1er mars pourra fleurir au début du mois de février, une période où le risque de gel est plus élevé. A l'inverse, certaines espèces d'abricotiers ayant besoin de doses de froid élevé et n'ayant pas bénéficié de ces températures basses ont ainsi vu leur production annihilée, évoque le chercheur.
Adaptations possibles
La qualité des fruits ou des vins peut-elle pâtir des ces bouleversements ? Difficile à dire, répond Bernard Seguin, tout dépend des variétés ou des cépages. "Aucun effet dévastateur n'a été constaté jusqu'à présent mais si les hivers doux se succédaient, il serait idiot de persister à cultiver des variétés non adaptées", indique-t-il.
L'inquiétude n'est pas de mise, ajoute le chercheur. D'une part, parce que "les changements n'interviendront pas avant 2020 ou 2030, ce qui laisse le temps de s'y préparer". D'autre part, parce que "l'expérience montre que des solutions techniques peuvent être trouvées et que les plantes peuvent être adaptées par des manipulations génétiques classiques, hors OGM".
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