Faute de mieux, l'Etat s'apprêterait à privatiser ADP

Par S.L, le 24 février 2003 à 16h54 , mis à jour le 25 février 2003 à 10h06

Le gouvernement serait à la recherche d'une banque pour préparer la mise sur le marché d'Aéroport de Paris. Une moindre pointure qu'Air France ou qu'EDF dont les privatisations ne sont aussi prioritaires.

Aéroports de paris Orly vacanciers © INTERNE

Jacques Chirac en "mission" à l'Onu, Jean-Pierre Raffarin monopolisé par la réforme des retraites… qui donc sera en mesure de s'occuper de l'épineux dossier des privatisations ? Car les ambitions du gouvernement en la matière sont grandes. L'objectif avoué est de récupérer 8 milliards d'euros de recettes en 2003 grâce aux privatisations. Pour le moment, le gouvernement doit se contenter des 2,2 milliards d'euros de la cession express de ses parts dans le Crédit Lyonnais à la fin de l'année dernière.

Restent 5,2 milliards d'euros à trouver. Selon La Tribune de lundi, le ministère de l'Economie chercherait actuellement une banque d'affaires qui se chargerait de privatiser Aéroports de Paris (ADP). Officiellement, Bercy a démenti ce projet lundi soir. Il est vrai que cette société ne figurait pas au nombre des treize entreprises que l'Etat prévoyait de privatiser et avait présentées l'été dernier. On y trouvait alors Air France, ASF (Autoroutes du Sud de la France), Bull, CNP, Crédit Lyonnais, Dassault Systèmes, EADS, EDF, GDF, France Télécom, Renault, Thalès et Thomson Multimédia. Mais point de ADP.

Morosité du marché

C'est que la donne a changé. Alors que le Premier ministre avait brisé le tabou des privatisations lors de son discours de politique générale, entamer une succession de privatisations aujourd'hui n'est pas chose aisée. Ni même le contexte. Le gouvernement persiste à affirmer que la cession de 30% à 40% de ses parts dans Air France se fera dès que "le marché le permettra". Mais le marché n'est guère clément. L'action Air France, dont l'Etat détient 54% du capital, se maintient en-dessous de son cours d'introduction. Or, rien ne presse au point de brader le patrimoine : il vaut "mieux attendre un peu" pour ne vendre les entreprises "à perte" avait déclaré Alain Lambert, ministre délégué au Budget en novembre.

Certaines privatisations sont également plus explosives que d'autres. Le refus des agents d'EDF d'adopter une réforme de leur système de retraite, préalable, ou vécu comme tel, à toute privatisation, est un signe fort qui n'a pas échappé au gouvernement. Affronter en parallèle la réforme du système de retraite des Français et la privatisation de "symboles" du service public comme EDF serait peut-être le "risque de trop". Autre problème dans le cas d'EDF : comment trouver des investisseurs susceptibles d'entrer à son capital, comme l'appelle de ses souhaits son Pdg François Roussely dans une tribune dans Le Monde de mardi, lorsque l'Etat prévoit de rester majoritaire ?

Par S.L le 24 février 2003 à 16:54
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