L'intérimaire de Renault-Cléon finalement licencié

Par S.L, le 25 février 2003 à 18h28 , mis à jour le 25 février 2003 à 10h02

La direction de l'usine Renault-Cléon n'avait pas apprécié que la justice l'oblige à transformer en CDI le contrat d'un intérimaire un peu "trop régulier". Elle a décidé de le licencier.

industrie chaîne automobile renault cleon © INTERNE

Après l'avoir interdit d'usine, puis réintégré, l'usine de Renault Cléon vient de licencier Michel Blé. Le 16 janvier dernier, cet intérimaire qui travaillait depuis 18 mois dans l'usine Renault de Seine -Maritime spécialisée dans les moteurs et boîtes de vitesse avait vu son contrat requalifié en CDI. Il en avait lui-même fait la demande auprès du tribunal de Prud'hommes d'Elboeuf (Seine-Maritime) au début du mois de décembre. Et le tribunal lui avait donné raison.

Mais la démarche n'avait guère plue à la direction de l'usine et cette dernière lui avait interdit l'accès à son poste de travail. A la suite d'une nouvelle action en justice, la réintégration de Michel Blé a été prononcée vendredi dernier. Mais ce lundi, la direction de l'usine a indiqué qu'elle avait décidé d'engager "dans le même temps" une procédure de licenciement à son encontre. La direction assure que Michel Blé a refusé de "s'engager dans le processus de formation qui lui a été proposé afin de satisfaire aux critères d'embauche". Elle estime que cet ouvrier ne présente "ni par son expérience professionnelle, ni par sa formation, les compétences demandées à l'ensemble des candidats".

La question de l'intérim

Outre le cas personnel, ce sont des dizaines de personnes qui, selon la CGT, comme Michel Blé, enchaînent contrats d'intérim sur contrats d'intérim sans respecter les délais de carence et qui, à ce titre, peuvent revendiquer leur intégration au sein de l'entreprise.

Les juges avaient en effet estimé que le délai de carence (période légale pendant laquelle une personne ne peut travailler pour la même entreprise) entre deux missions d'intérim de cet ouvrier, avait été insuffisant et qu'il faisait de fait partie de l'effectif Renault. Cette bataille juridique est un épisode du conflit qui oppose la direction et le syndicat CGT à propos du recours à l'intérim. Le syndicat estime qu'il s'agit "d'un mode de gestion du personnel" tandis que la direction assure avoir aussi embauché depuis deux ans 1.500 personnes en CDI dont 70% d'intérimaires. C'est en tout cas un signe clair de la part de la direction à ceux qui auraient pû être tentés de suivre l'exemple de Michel Blé.

Par S.L le 25 février 2003 à 18:28
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