© INTERNELes ouvriers de l'usine Adisseo dans l'Allier sont inquiets : alors que le cancer du rein est relativement rare en France, déjà dix d'entre eux sont atteints. Une enquête a été déclenchée par l'Institut de veille sanitaire sur ce chiffre anormal. Cette usine chimique, installée à Commentry, classée Seveso est spécialisée dans la fabrication d'additifs aux aliments pour animaux. Les 720 salariés de l'entreprise qui a été vendue à Adisseo, un consortium anglais par Rhône-Poulenc (désormais Aventis) travaillent "au milieu d'odeurs entêtantes", écrit le Monde dans son édition de mercredi.
Le premier cas de cancer du rein a été détecté en 1994 par le médecin du travail. Depuis, une dizaine de cas ont été détectés selon la CGT. "La situation a priori n'est pas normale car il s'agit quand même d'un cancer qui n'est pas très fréquent", a commenté le Pr Gilles Brücker, directeur général de l'InVS. Les ouvriers de l'usine Adisseo aimeraient savoir pourquoi le nombre de cancers du rein dans leur entreprise est au moins vingt fois supérieur à la moyenne nationale. La question du rapport entre ce nombre de cas et la nature du travail commence à se poser selon le Pr Brücker.
Maladie professionnelle ?
L'enquête épidémiologique repose sur une "démarche d'investigation classique qui consiste à vérifier la réalité des cas, à identifier le type de poste occupé par les personnes atteintes et à rechercher les facteurs cancérogènes connus. Nous en sommes au stade très préliminaire de l'enquête", a-t-il dit. "Toutes les victimes ont en commun de travailler au Navas (atelier de production de vitamine A de synthèse), où se succèdent en 3x8 une centaine d'ouvriers", écrit Le Monde.
Les ouvriers malades se battent pour faire reconnaître leur mal comme "maladie professionnelle". En vain jusqu'à présent. L'enquête sanitaire pourra, ou non, confirmer leurs craintes.
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