© e-TF1La dure loi des affaires fait que même si Air Lib n'est pas encore réellement à terre, ses concurrents échafaudent déjà des stratégies d'urgence pour remplacer, éventuellement la compagnie moribonde. Au-delà d'actifs à reprendre, ce sont surtout les créneaux horaires laissés vacants par Air Lib à Orly, qui devraient être au cœur du partage des dépouilles de la deuxième compagnie aérienne française en cas de liquidation. Quelques heures après l'échec des ultimes négociations entreprises pour sauver Air Lib, la compagnie britannique à bas prix EasyJet a annoncé qu'elle se porterait candidate à une éventuelle redistribution de ces droits. Interrogé sur LCI, vendredi soir, Pascal Perri a clairement laissé entendre que ce sont bien ces fameux créneaux qui intéressent les compagnies en meilleure forme, et pas le personnel. Pascal Perri a également précisé que les entreprises comme "Easy Jet, préfèrent créer des emplois à partir de Londres, en raison de plus faibles charges qu'en France".
Air France est aussi sur les rangs
Il n'y a pas que les compagnies à bas prix qui salivent à l'idée d'une faillite d'Air Lib. Air France aussi est sur les rangs et devrait profiter de la disparition éventuelle d'Air Lib. Les financiers sont sur la même longueur d'onde. "Selon nous, en dépit d'un risque de concurrence accru sur l'Europe, Air France devrait bénéficier de la disparition d'Air Lib", écrit la maison de courtage CIC Securities dans une étude diffusée vendredi. Si Air Lib disparaît, les créneaux horaires dont elle dispose à l'aéroport parisien saturé d'Orly, seront attribués à d'autres compagnies. Mais ce trésor suscite de nombreuses convoitises, notamment de la part d'easyJet, d'Aéris (compagnie régionale de Toulouse), BMI British Midland, Air Algérie, Royal Air Maroc. Mais s'implanter à Orly coûte cher et représente un pari risqué pour une compagnie, surtout si elle veut se développer en proposant des vols à bas tarifs. "A ce jour, easyJet est la seule low cost à avoir réussi ce pari", souligne le CIC.
Pour qu'une compagnie à bas coûts devienne rentable sur un aéroport de premier plan, avec des charges élevées comme Orly, il lui faut en effet remplir un certain nombre de conditions : une flotte homogène avec un seul type d'avion (permettant de jouer sur le nombre afin d'obtenir des tarifs réduits auprès du constructeur), une "flexibilité du personnel", un système de réservation efficace par internet et des prix attractifs pour les clients. "Air Lib ne remplissait que la dernière condition, ce qui lui a valu d'être une compagnie à bas tarifs mais pas à bas coûts", a estimé le CIC Securities.
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