© INTERNEL'atterrissage forcé et définitif d'Air Lib avec son cortège de licenciements met en lumière la difficulté de faire vivre un deuxième pôle aérien en France. Air France est un géant national et international qui n'a aucunement l'intention de se laisser prendre des parts de marché, même sur les lignes domestiques. Un "expert" (actionnaire majoritaire jusqu'à l'été 2001 du pôle AOM-Air Liberté, devenu Air Lib) en la matière, le président du Medef Ernest-Antoine Seillière confirme : "Il n'y a pas de place dans notre pays pour une deuxième grande compagnie d'aviation. Et quels que soient les efforts des uns ou des autres on n'a pas réussi à équilibrer le fonctionnement de ce deuxième pôle", a-t-il ajouté, justifiant à bon compte le désastre dont il avait été l'un des acteurs en 2001.
Plusieurs compagnies sur les rangs
Toutes les compagnies qui veulent prendre pied sur le marché français le savent, ce sont surtout les 44000 créneaux horaires laissés vacants à Orly, qui seront au cœur du partage des dépouilles d'Air Lib. Ils suscitent déjà la convoitise d'easyJet, d'Aéris (compagnie régionale de Toulouse), BMI British Midland, Air Algérie, Royal Air Maroc. Parmi ces concurrents potentiels, le plus redoutable est sans conteste Easyjet. La compagnie britannique, est à ce jour, la seule entité de ce type, à avoir réussi le pari risqué de s'implanter dans un grand aéroport aux charges élevées. Pour cela, il fallait une flotte homogène, avec un seul type d'avion permettant d'obtenir des tarifs réduits auprès du constructeur, et d'économiser sur la formation du personnel navigant. C'est chose faite, depuis le 30 décembre 2002, et c'est Airbus qui a gagné ce jackpot, 120 avions en une commande. La flexibilité (volontaire ou imposée ?) très british du personnel, et un site internet pour seule plate-forme de réservation réduit les coûts de façon drastique, et permet de proposer des billets à des tarifs sans équivalent sur le marché.
Cerise sur le gâteau, les financiers adorent cette entreprise, et les marchés lui donnent les moyens d'un développement pour le moins rapide. Le grain de sable dans cette stratégie de conquête du marché gaulois pourrait pourtant néanmoins être ralentie par le Cohor. Cet organisme de contrôle qui attribue les créneaux donne, en principe la priorité aux compagnies déjà présentes sur le site d'Orly. Par ailleurs "La procédure judiciaire n'est pas encore terminée", a rappellé Eric Herbanne du Cohor, en référence à l'appel déposé mardi par la direction d'Air Lib auprès de la cour d'appel de Paris.
Photos LCI : Pilotes d'Air Lib
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