Le repreneur d'Air Lib met la pression sur les prix

Par S.L, le 05 février 2003 à 15h37 , mis à jour le 05 février 2003 à 20h14

A quelques heures de l'expiration de la licence de vol d'Air Lib, le repreneur néerlandais IMCA a lancé un ultimatum à Airbus. Si ce dernier ne baisse pas le prix de ses avions, il abandonnera l'affaire... et les 3000 employés.

Air Lib (LCI) © LCI

L'entrepreneur néerlandais, repreneur potentiel d'Air Lib aurait-il l'habitude des coups de force pour arriver à ses fins ? La semaine dernière, il avait annoncé qu'il renonçait au projet de reprise de la deuxième compagnie française face à la "mauvaise volonté" des syndicats. Une fois les esprits calmés, il avait refait surface. Ce mercredi, Erik de Vlieger, président d'IMCA, a fait savoir qu'il n'était pas satisfait des propositions faites par Airbus dans le cadre d'achat d'avions par Air Lib. Il avait donné jusqu'à minuit au constructeur aéronautique européen pour satisfaire à ses conditions.

Minuit, c'était également l'heure limite à laquelle IMCA, devait signer le protocole de reprise s'il voulait obtenir le renouvellement de l'autorisation de voler de la compagnie aérienne française. La licence d'exploitation de la compagnie, après plusieurs reports, arrivait en effet à échéance mercredi soir. "En cas de signature, le CSAM accordera une licence d'exploitation définitive à la compagnie Air Lib", a déclaré Jean-François Legrand, président du Conseil Supérieur de l'aviation marchande (CSAM).

"Le gouvernement aura tout fait"

Mais, comme le montre la réaction d'Erik de Vlieger, le sort d'Air Lib se jouait entre IMCA et Airbus à qui le groupe néerlandais réclame d'acheter au meilleur prix 29 appareils A319 afin de renouveler la flotte de la compagnie française. L'entrepreneur néerlandais avait indiqué précédemment qu'il souhaitait obtenir d'Airbus le même prix que la compagnie à bas coûts EasyJet. Si Airbus ne répondait pas à son ultimatum, Erik de Vlieger a indiqué qu'il abandonnerait Air Lib.

Le gouvernement semble, de son côté, dire que le sort d'Air Lib n'est plus entre ses mains. "Le gouvernement aura tout fait pour sauver cette entreprise", a assuré le ministre des Transports, Gilles de Robien. "Sur le plan juridique, fiscal, financier, budgétaire, tout le monde est au carré, on est prêt à signer cet accord-là". Avec les représentants du personnel, il semble qu'un accord ait été trouvé. Reste le prix des avions, qui "ne dépend pas de l'Etat français ni du gouvernement", a indiqué le ministre. Air Lib a une dette publique de 117 millions d'euros, dont 30,5 millions d'euros provenant d'un prêt du fonds européen de développement FDES. La compagnie a cessé en septembre 2002 de payer ses charges courantes de quelque 10 millions d'euros par mois (au fisc, à l'Urssaf et aux autorités aéronautiques).

Par S.L le 05 février 2003 à 15:37
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