L'aide humanitaire au cœur du conflit irakien

Par RG, le 27 mars 2003 à 07h00 , mis à jour le 28 mars 2003 à 17h57

L'ONU et des dizaines d'ONG se mobilisent déjà pour aider les populations civiles du sud irakien. Les généraux américains savent que la réussite de l'après-guerre n'en sera une, que si l'aide humanitaire arrive à bon port.

La Croix-Rouge internationale répare l''approvisionnement en eau à Bassorah © Manreo

"Ce qui nous attend, c'est d'avoir à nourrir 27 millions de personnes. Soit la totalité de la population irakienne". C'est par cette déclaration dramatique que Trevor Rowe, porte-parole du Programme alimentaire mondial (Pam) a décrit la situation irakienne actuelle. Selon ce cadre de l'agence onusienne, cette opération pourrait coûter la bagatelle "d'un milliard de dollars" et se révéler comme la plus importante mission d'assistance de l'histoire

Sur le terrain des ONG se démènent pour faire parvenir les premiers cartons alimentaires dans les villes du sud irakien. Ainsi, mercredi, le Croissant Rouge distribuait des rations d'urgence aux habitants de Safwan (sud de l'Irak). Le même jour, c'était le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan qui se déclarait "de plus en plus préoccupé" par le sort des civils victimes de la guerre en Irak. Selon le diplomate, les belligérants "doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils. Ils sont responsables du bien-être de la population civile dans la zone" où ils opèrent."

Urgence à Bassorah

Un convoi de véhicules militaires américains et britanniques transportant une aide koweitienne pour 60.000 personnes a traversé mercredi la frontière koweito-irakienne. Le convoi, composé d'une quarantaine de véhicules, se dirigeait dans un premier temps vers la ville portuaire irakienne d'Oum Qasr qui, selon les forces américano-britanniques, était totalement sous leur contrôle mardi. Il devait ensuite rejoindre la ville de Bassorah (sud) où la population est privée d'eau potable depuis vendredi. Des agences humanitaires ont mis en garde contre une catastrophe humanitaire dans cette grande ville où vivent 1,2 million d'habitants.

L'extrême urgence de la situation sera au cœur des débats à Paris, où une réunion interministérielle se tiendra jeudi, à Matignon, pour faire le point et évaluer les besoins. Selon le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, le gouvernement français travaille activement et est très mobilisé pour faire face à la situation humanitaire" en Irak. Au niveau international, les représentants de 30 Etats et de 21 organisations humanitaires se réuniront le 2 avril à Genève, à l'initiative de la Suisse, pour examiner les possibilités d'acheminer l'aide humanitaire à l'intérieur de l'Irak.

L'approvisionnement en eau "reste précaire" dans la région de Bassorah

L'approvisionnement en eau potable dans la région de Bassorah "reste précaire" malgré son rétablissement partiel intervenu mercredi, a indiqué jeudi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Les installations de pompage et de traitement de l'eau dépendent désormais de générateurs de secours qui n'ont pas la puissance normale et dont l'entretien demande une surveillance constante, souligne le CICR dans un communiqué. Le personnel sur place s'inquiète particulièrement de la situation dans des villes au sud de Bassorah comme Al-Zubayr et Safwan, où la distribution d'eau est interrompue depuis vendredi dernier. Le CICR est en contact avec les autorités locales pour discuter des moyens "d'éviter une urgence humanitaire majeure" dans ces villes, ajoute le communiqué.

Photo: TF1 / habitant de Bassorah portant un bidon d'eau potable

Par RG le 27 mars 2003 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience