Les assureurs bloquent le brut irakien

Par RG, le 19 mars 2003 à 07h00 , mis à jour le 19 mars 2003 à 12h10

L'Irak ne peut désormais plus exporter son brut. L'ONU a interrompu le dispositif "pétrole contre nourriture, mais ce sont les assureurs des tankers, qui en refusant de couvrir le risque de guerre, ont fermé le robinet de l'or noir irakien.

opep petrole raffinerie © INTERNE

L'Irak qui possède les deuxièmes réserves mondiales identifiées de pétrole, est désormais coupé du marché, jusqu'à ce que la situation se clarifie, d'une manière ou d'une autre. Les firmes pétrolières internationales ont arrêté d'acheter du pétrole irakien après que l'Onu a suspendu le programme "pétrole contre nourriture", ont affirmé mardi des courtiers. En dehors de la suspension du dispositif de l'ONU qui avait été imposé à Bagdad à la suite du conflit de 1991, les groupes pétroliers, et les armateurs ont eux aussi reculé devant le regain de tension dans la région en 48 heures.

L'ultimatum de George Bush qui a donné deux jours à Saddam Hussein pour quitter son pays est une épée de Damoclès qui risque de s'abattre sur l'Irak dans les jours à venir. Dans ces conditions, c'est toute la chaîne de professionnels présents dans le secteur, assureurs en tête, qui refuse de prendre le risque de continuer à importer les barils de brut de Bagdad. Dans le secteur du pétrole où les investissements des outils d'exploitation se comptent en dizaines de millions de dollars, aucun opérateur ne veut plus prendre le risque de tout perdre pour un ou deux chargements supplémentaires.

Les américains sont les plus gros clients

Selon une source du transport maritime dans la région, le chargement du pétrole s'est arrêté depuis la semaine dernière au terminal irakien de Mina al-Bakr, dans le Golfe. Mina al-Bakr et le port turc de Ceyhan sont les deux terminaux d'exportation du pétrole irakien, dans le cadre du programme humanitaire supervisé par l'Onu depuis 1996. "Après que le dernier pétrolier ait quitté Mina al-Bakr, deux "autres tankers devaient charger cette semaine." Les compagnies d'assurances ont jugé qu'ils n'auraient pas le temps de finir le chargement et de s'éloigner avant le lancement des opérations militaires.

Malgré cette brutale fermeture du robinet de pétrole irakien, les opérateurs pensent néanmoins que les exportations pétrolières de Bagdad par la route vers la Jordanie, et via la Syrie, qui ne sont pas supervisées par les Nations unies, se poursuivent. Un expert pétrolier a estimé que le continent américain et notamment les Etats-Unis allaient être les premiers à pâtir d'un arrêt des exportations irakiennes, les Amériques ayant absorbé près des deux tiers des ventes irakiennes de pétrole le mois dernier.

Les contrats pétroliers russes en Irak "sont légaux et doivent être respectés"

Les contrats signés par les compagnies pétrolières russes en Irak sont légaux et doivent par conséquent être respectés, a déclaré mardi le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov. "Les contrats russes ont été développés sur une base légale claire. Ils sont légitimes et doivent par conséquent être respectés", a estimé le ministre lors d'une conférence sur la sécurité nationale. Mais les compagnies russes craignent de perdre leurs actifs et leur position privilégiée en Irak à la sortie d'une guerre à laquelle la Russie ne prendra pas part. L'Irak a signé plus de 900 accords avec plus de 227 sociétés pétrolières russes, pour plus d'un milliard d'euros, depuis le début du programme "Pétrole contre nourriture".

Par RG le 19 mars 2003 à 07:00
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