© INTERNELe Comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement (CECEI) a donné son feu vert au mariage du Crédit Lyonnais et du Crédit Agricole. Mais celui-ci est assorti d'un certain nombre de conditions afin d'assurer un "niveau suffisant de concurrence sur le marché de la banque de détail".
Un géant bancaire
Le CECEI annonce que les deux banques vont devoir céder au total 85 agences, dont 70 dans les dix-huit départements "où la position du nouvel ensemble pourrait affecter significativement le maintien d'une concurrence effective". Ils devront également céder 27 agences (dont 12 déjà incluses dans les 70 précédentes) installées dans les communes dans lesquelles l'opération conduirait la clientèle à ne plus disposer à une distance correspondant à un temps de trajet de 10 minutes en voiture d'une offre bancaire alternative suffisante. D'autre part, dans 32 départements dont les 18 concernés par les cessions d'agences, le nouveau groupe ne pourra augmenter sa présence pendant deux ans à partir de la réalisation de ces cessions.
Un tel mariage va en effet donner naissance à un géant bancaire dans l'Hexagone : numéro un du crédit avec une part de marché de 22%, numéro un en termes de dépôts avec 25% du marché et numéro deux du crédit à la consommation (avec 20%). Sur les 35 000 agences bancaires recensées en France (sans compter celles de La Poste), le nouveau groupe en détiendra 9 300 soit 27%. Les banques concurrentes ainsi que certaines associations de consommateurs avaient fait part de leur inquiétude à l'autorité réglementaire.
Les salariés inquiets
Le directeur général du Crédit Lyonnais, a déclaré vendredi que la décision du CECEI est "totalement infondée". "Nous nous réservons la possibilité d'étudier les suites à lui donner", a précisé Dominique Ferrero. Selon lui, les contraintes "gênantes et injustifiées" fixées par le CECEI n'ont "aucun impact" sur le programme d'ouverture de 150 agences sur 3 ans en relevant que le gel touche des "zones non prioritaires". Concernant le personnel des agences appelées à changer de propriétaire, M. Ferrero a annoncé qu'un "examen approfondi" de la situation de chacun sera effectué.
Ces fermetures imposées inquiètent les syndicats de salariés des deux banques. Environ 150 personnes s'étaient d'ailleurs rassemblées jeudi après-midi devant le siège de la Banque de France où se tenait la réunion du CECEI. "Nous sommes venus mettre en garde le CECEI contre une décision qui pourrait s'avérer néfaste au Crédit Lyonnais, à ses emplois et surtout à son devenir", a déclaré Sébastien Busiris (FO - CL).
La Marne, le Cher et l'Aveyron sont les départements qui devraient être les plus affectés par les cessions d'agences selon le syndicat CFDT du Lyonnais. Voici la liste, par ordre alphabétique, des départements dans lesquels des cessions d'agences ont déjà été localisées (68 sur un total demandé de 85) : Aisne (5), Ardennes (3), Aveyron (6), Cantal (2), Cher (6), Dordogne (2), Eure (5), Gers (2), Haute-Loire (1), Haute-Savoie (5), Landes (3), Lot (3), Marne (11), Nièvre (5), Orne (1), Puy-de-Dôme (4), Savoie (3), Tarn-et-Garonne (1). 17 autres agences, non encore localisées par la CFDT, figurent dans de petites communes. |
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