La grève risque de monter le "public contre le privé"

Par S.L, le 03 avril 2003 à 17h55 , mis à jour le 03 avril 2003 à 21h42

Seuls quelques syndicats ont appelé à la grève qui a néanmoins été très largement suivie. La CFDT estime, elle, que ce mouvement ne se justifiait pas.

retraite manif 4 avril © INTERNE

Douze mille manifestants au moins à Toulouse, 20 000 à Bordeaux ce matin, 80 000 à Marseille, 80 000 à Paris (selon les manifestants jeudi après-midi... La mobilisation a été plus importante que celle du 1er février, selon la police qui a recensé 320 000 manifestants dans 70 villes de France contre 256.000 au total le 1er février.

Et ce, malgré les divisions syndicales. C'est en effet en ordre dispersé que les organisations syndicales y ont participé. Seules la CGT, FO, l'Unsa et la FSU, ainsi que six fédérations de fonctionnaires, ont appelé à la grève. La CFDT, de même que la CFTC et la CFE-CGC, ont refusé de se joindre au mouvement. Toutefois, des fédérations locales de la CFDT sont venues de leur propre chef grossir les rangs des manifestants dans plusieurs villes.

La CFDT estime qu'une mobilisation n'était pas justifiée à ce stade des négociations. Pis, elle risque de "monter les salariés du secteur public contre ceux du privé", a estimé François Chérèque. Pour le secrétaire général de la CFDT, cette journée est "uniquement pour les salariés des fonctions publiques" or la "réforme des retraites est utile pour tous les salariés".

Le Public en ligne de mire

Pour les syndicats grévistes, FO et la CGT en tête, il s'agit à la fois de mettre la pression sur le gouvernement pour davantage peser dans les négociations et alerter les salariés que les grandes lignes de la réforme des retraites sont déjà arrêtés, avant même la fin des discussions. Un avis que ne partage pas la CFDT qui estime que les travaux se déroulent normalement.

Le gouvernement ne fera connaître ses propositions concrètes que le 7 avril mais un certain nombre de mesures sont déjà avancées : harmoniser les régimes en faisant passer les cotisations des fonctionnaires de 37,5 ans à 40 ans, comme ceux du privé, augmenter progressivement leur taux de cotisation, sans toutefois donner de garantie sur la prise en compte des primes dans leurs salaires. Pour le privé, les propositions sont un peu plus floues, le nombre d'années de cotisations devraient rester à 40 ans. Des systèmes de pension par capitalisation devraient être mis en place et le travail des salariés âgés encouragés. Le projet de réforme sera rendu public le 7 mai et selon le calendrier présenté, un projet de loi devrait être présenté dans la foulée. Et, sauf imprévu, voté à l'Assemblée avant le 14 juillet.

Photo : François Chérèque, secrétaire général de la CFDT

Par S.L le 03 avril 2003 à 17:55
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