© INTERNERien ne va plus pour le groupe algérien emblématique des années 90 et son flamboyant Pdg, Rafik Khalifa. Après 10 ans d'existence, l'entreprise est financièrement exsangue, contrainte de licencier, tandis que des membres de la direction ont été emprisonnés à Alger, et Rafik Khalifa réfugié à Londres.
L'histoire était pourtant belle et faisait rêver des millions de jeunes algériens, à un parcours identique. Le groupe Khalifa, créé en 1992 par "Moumène" Khalifa, un pharmacien de 36 ans, (fils de Laroussi Khalifa, un ministre d'Ahmed Ben Bella, le premier président algérien), a réalisé en 2002 un chiffre d'affaires de 1,7 milliard d'euros. L'entreprise était présente dans de nombreux secteurs, la banque, le transport aérien, la fabrication de médicaments, la sécurité, le sponsoring de clubs sportifs, en Algérie puis en France. Après plusieurs années de succès, les déboires financiers du groupe ont commencé après la mise sous contrôle par l'Etat algérien, le 27 novembre, de l'épine dorsale du groupe, Khalifa Bank, pour mauvaise gestion.
Un mandat d'arrêt contre Rafik Khalifa ?
Au fil des semaines, la société Khalifa a perdu son aura d'entreprise star, pour apparaître de plus en plus souvent à la rubrique des "Faits divers". En Algérie, des journaux, en l'absence de sources officielles, ont commencé à rapporter des informations sur une éventuelle faillite du groupe et un mandat d'arrêt international contre son patron. Le mandat d'arrêt ayant été évoqué le 30 mars par le quotidien El Khabar, l'information était formellement démentie, le lendemain, par Rafik Khalifa sur LCI. Fin février, ce sont trois collaborateurs du groupe qui ont été arrêtés à l'aéroport d'Alger avec une valise contenant deux millions d'euros qu'ils tentaient de faire sortir du pays.
Dans le même temps la déliquescence du groupe se poursuivait, loin des strass et des soirées peuplées de stars. A Paris, la chaîne de télévision n'est plus que l'ombre du projet initial. Khalifa TV qui se voulait à sa création fin 2002, un trait d'union entre les deux rives de la Méditerranée, est en passe d'être lourdement restructurée. L'équipe de 182 personnes sera réduite à 14 collaborateurs, et le contenu éditorial composé de "petits documentaires" agrémentés d'un bulletin d'information à 20 heures.
Aujourd'hui, Rafik Khalifa vit en Grande Bretagne, où il ne risque rien, sa terre d'asile n'ayant pas signé d'accord d'extradition avec l'Algérie". Interrogé la semaine dernière, par Paris Match, pour savoir s'il comptait "se rendre à Alger, où un juge l'a convoqué", l'homme d'affaires a répondu : "non. ce n'est vraiment pas prévu. Mes affaires sont ici et pas là-bas."
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Photo AFP : M. Dreyfus propriétaire de l'OM et Rafik Khalifa
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