Pourquoi Apple voudrait-il acheter Universal Music ?

Par C.A., le 14 avril 2003 à 17h06 , mis à jour le 14 avril 2003 à 17h22

L'annonce d'un éventuel rachat d'Universal Music par Apple a décontenancé le marché et les analystes. Si une telle opération constitue un risque évident pour la firme à la pomme, elle n'entre pas en contradiction avec sa stratégie.

Pomme d'Apple sur le nouvel iMac © INTERNE

Quelles sont donc ces soudaines et folles ambitions de Steve Jobs, le patron d'Apple ? C'est ce qu'a semblé se dire le marché lorsque le Los Angeles Times a évoqué une possible reprise de la major Universal Music par Apple (voir notre article). Dans la journée, l'action Apple perdait 8%, et les spécialistes affichaient pour la plupart leur scepticisme.

Un marché prometteur à long terme ?

Pourquoi Apple liquiderait-elle la quasi-totalité de ses liquidités pour s'emparer du plus gros acteur d'un marché en pleine décrépitude ? Quelles sont ses motivations, alors que les ventes de disques s'effondrent, que la piraterie n'est pas jugulée et que plusieurs grands groupes songent à se séparer de leur branche musicale ?

Les informations du Los Angeles Times viennent de sources anonymes et n'ont été confirmées ni par Vivendi, ni par Apple. Elles semblent toutefois plausibles. Apple se montre très intéressé, depuis quelques semaines, par le marché de la musique en ligne. Au mois de mars, la firme a convaincu quatre des cinq majors d'adhérer à un service de téléchargement payant qui devrait être lancé le 28 avril prochain. C'est d'ailleurs lorsque Steve Jobs a présenté ce service à Doug Morris, le patron d'Universal Music Group, que les discussions auraient commencé.

Apple, qui ne détient que 3% des ordinateurs personnels, voit dans la musique en ligne un moyen de sortir d'un marché dans lequel il se sent à l'étroit. Steve Jobs entend donner du même coup à la musique en ligne le coup de pouce qui lui permettra d'enfin décoller, de redonner un nouveau souffle au marché de la musique dans son ensemble. Les nouvelles technologies, aujourd'hui vues comme un péril pour le marché de la musique, pourraient en effet au contraire le sauver.

Tourné vers la vie numérique

Les analystes s'accordent à dire qu'à terme, les internautes seront prêts à souscrire à des services de musique payants, si ceux-ci ont une offre à la fois complète et souple à même de leur permettre de rivaliser avec les services pirates. Apple croit pouvoir réussir dans cette voie, où tous ont jusqu'ici échoué. Depuis plus de deux ans maintenant, la firme se veut plus qu'un fabricant d'ordinateur : une société spécialisée dans la "vie numérique". Après avoir proposé des solutions de traitement de la vidéo numérique, après s'être lancée dans des services d'impression de photo numérique, après avoir connu son plus grand succès avec son baladeur numérique iPod, son éventuel investissement dans une maison de disques semble plus que plausible.

Quoi qu'il en soit, les rumeurs convergent : le service de musique payante et la nouvelle version du iPod devraient sortir à la fin avril. C'est à cette période que se tiendra la prochaine réunion du conseil d'administration de VU. Et Microsoft, comme toujours, s'est soudainement intéressé à Universal Music...

Par C.A. le 14 avril 2003 à 17:06
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