Raffarin arrive, Pékin commande

Par RG, le 25 avril 2003 à 07h00 , mis à jour le 25 avril 2003 à 16h16

Le Premier ministre a maintenu sa visite, malgré l'épidémie de pneumonie atypique. A son arrivée, un contrat pour la livraison de 30 Airbus a été signé.

raffarin 20h © INTERNE

Pneumonie atypique oblige, le déplacement du Premier ministre a été réduit au strict minimum. Trente heures sur place, pour trente heures de voyage, l'essentiel du programme se déroulant entre le Grand Hall du Peuple et l'Hôtel Palace. Jean Pierre Raffarin est venu pour profiter de l'annulation des déplacements en Chine de Tony Blair et Dick Cheney, pour aider au mieux les intérêts français sur place. En dehors des liens diplomatiques, resserrés par la crise irakienne, la France voudrait bien engranger des dividendes commerciaux de cette visite à Pékin.

Quelques minutes après son arrivée, l'hôte de Matignon a commencé à récolter ces dividendes : l'avionneur européen Airbus a en effet décroché une commande ferme de 26 appareils A320 et 4 A330. Le contrat a été signé avec  l'Administration civile de l'aviation chinoise pour fournir dès 2004 les compagnies Southern Airlines, Eastern Airlines, Air China, Sichuan Airlines et Hainan Airlines. Le prix catalogue de cette commande est de 1,7 milliard d'euros dont 700 millions d'euros pour la part française, a indiqué le président d'Airbus, Noël Forgeard.

"Arrogance, agressivité"

Malgré ce beau coup, paradoxalement, les parts de marché des entreprises tricolores s'érodent, alors que la Chine reste en plein boom économique. Sur le plan commercial le tableau n'est vraiment pas reluisant. De 2,7% en 1997, la part de marché des entreprises françaises en Chine est passée à 1,4% en 2002. L'an dernier, la France a carrément régressé du 12ème au 14ème rang comme fournisseur de la Chine. La "montée du régionalisme asiatique", évoquée par les experts, n'explique pas à elle seule les difficultés des entreprises françaises à conquérir le marché chinois. Les difficultés françaises durent depuis que la Chine a décidé il y a vingt ans, de s'ouvrir progressivement aux capitaux étrangers.

Si les français se font damer le pion par l'Allemagne sur le marché chinois, et par l'Italie, c'est peut être que les méthodes commerciales gauloises restent mal adaptées à la culture locale. Une mauvaise approche du marché, un manque d'agressivité, ou pire, une agressivité mal dirigée, ainsi qu'une certaine arrogance sont les critiques les plus fréquentes faites aux sociétés françaises par les Chinois.

Ces derniers, en revanche, reconnaissent le savoir-faire français dans le domaine des transports, de l'énergie, y compris nucléaire, ou du traitement de l'eau. D'où l'importance des visites politiques pour soutenir les projets, voire les concrétiser. Les acheteurs sont souvent des ministères, des municipalités", estime Pierre Letocart, chef de la Mission économique française en Chine. Certains hommes d'affaires, qui apprécient certes les coups de main du gouvernement, aimeraient cependant que le poids politique ne pèse pas autant dans les négociations et que le terrain soit davantage commercial.

photo : Jean-Pierre Raffarin à son arrivée à Pékin, avec le ministre des Affaires étrangères, Li Zhaoxing.

Par RG le 25 avril 2003 à 07:00
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