© INTERNE"Le temps de l'action est venu" pour FO, il faut contrer un projet de régression sociale selon le premier syndicat enseignant, la FSU. La réaction des syndicats aux propositions de leur ministre de tutelle ne s'est pas faite attendre. Mercredi, Jean-Paul Delevoye a reçu un à un les syndicats de la Fonction publique pour leur faire part de ses propositions de réforme de leur système de retraite. La volonté d'aligner le nombre d'années de cotisations du public sur celui du privé n'avait déjà pas été accueillie par des hourras, les nouvelles propositions non plus.
Le ministre a annoncé la mise en place d'un système de décote et de surcote pour les fonctionnaires à partir de 2004. Cet abattement qui provoque une baisse de la pension, atteindrait en 2008 3% par année manquante par rapport aux 40 années de référence. Elle ne concernera pas ceux qui ont atteint 40 ans de durée de cotisations, tous régimes confondus, ou ceux qui partent à la limite d'âge (50, 55, 60 ou 65 ans selon leur corps d'appartenance). Le fonctionnaire qui décide d'aller au-delà de 40 ans de cotisations et de l'âge de 60 ans bénéficiera, en revanche, d'une majoration de sa pension (surcote) de 3% par année travaillée.
Prise en compte des primes
Cette proposition est jugée pénalisante par les syndicats qui font valoir qu'en raison d'études prolongées, les fonctionnaires ne cotisent en moyenne que 32 ans avant de prendre leur retraite. Le secrétaire général de la CFTC de la Fonction publique, Michel Picard, estime ces propositions "inacceptables". "Il est quasi-certain que nous serons dans l'obligation de ne pas accepter ce projet.
Le ministre de la Fonction publique a également confirmé que les pensions des fonctionnaires retraités ne bénéficieront plus des revalorisations catégorielles accordées aux actifs. Cette pratique est d'ailleurs condamnée par le rapport de la Cour des comptes dévoilé hier qui parle même de "carrière de retraités". En revanche, l'indexation des retraites sur l'indice général de la Fonction publique sera maintenu. Dans le privé, depuis la réforme Balladur, les pensions sont indexées sur les prix.
En attendant le privé
Contrairement à ce qu'il avait laissé entendre dans un premier temps, le gouvernement serait prêt à intégrer les primes dans le calcul des retraites. Ces primes représentent pour nombre de fonctionnaires une grande partie de leurs revenus mais ne sont pas soumises aux cotisations retraites et ne sont donc pas prises en compte dans le montant des pensions. Jean-Paul Delevoye propose la création d'une caisse de retraite complémentaire pour gérer les cotisations liées à ces primes.
Dans ce contexte, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque juge que le 1er mai sera "inévitablement un moment d'expression sur les retraites" pour tous les salariés du public et du privé. Ce dernier estime qu'annoncer les réformes du public sans pouvoir les mettre en parrallèle avec celles du privé est une "faute grave" de la part du gouvernement. Une série de rencontres bilatérales sont prévues, vendredi et mardi, sur les retraites entre les ministres de la Fonction publique, Jean-Paul Delevoye, celui des Affaires sociales, François Fillon, et les partenaires sociaux. Les salariés devraient rapidement savoir à quelle sauce ils seront "mangés".
Photo : Le ministre de la Fonction publique
à l'issue de la réunion avec les syndicats
Retour MYTF1
Chargement en cours...




