© INTERNEFrançois Fillon a affirmé jeudi sur France 2 que la réforme des retraites devait permettre de maintenir l'équilibre entre temps au travail et temps de retraite. Le ministre des Affaires sociales a évoqué la possibilité de passer à "41 ans de cotisation en 2012" pour tous régimes. Au préalable, les fonctionnaires seront passés à 40 ans de cotisations d'ici à 2008.
L'équilibre financier de la réforme des retraites est assuré à l'horizon 2020, selon le ministre. Il se fera notamment par un transfert des cotisations de l'assurance chômage vers les retraites. Avec moins de travailleurs et plus de retraités, le rééquilibrage se fera mécaniquement, a assuré François Fillon lors de l'émission "100 minutes pour convaincre". Le fonds de réserves des retraites sera abondé par les recettes liées aux privatisations : mais ce fonds, seul, "ne suffirait pas" à garantir le maintien du système par répartition.
Cas particuliers
Parallèlement
à l'allongement de la durée des cotisations, François Fillon propose un système de bonus pour ceux qui voudront travailler plus longtemps. Entre 60 et 65 ans, chaque année travaillée permettra d'améliorer sa pension de 3%. En ce qui concerne les personnes qui ont commencé à travailler à 14 ou 15 ans et qui peuvent justifier de 40 ans de cotisations, elles pourront partir à 58 ans. La mesure ne s'appliquera pas à ceux qui ont débuté leur carrière à 16 ans.Malgré le rééquilibrage du nombre d'années de cotisations entre le privé et le public, le gouvernement consent à adapter la règle selon les catégories : ce sera le cas des des infirmières et des aides-soignantes, avec lesquelles des négociations seront engagées notamment pour discuter de l'intégration des primes (30% en moyenne) dans leur salaire.
Pensions équivalentes aux deux tiers du salaire
François Fillon, s'est engagé à ce que le gouvernement garantisse pour tous les Français une retraite en moyenne égale aux deux tiers de leur revenu de référence, et pour les salariés ayant fait une carrière au Smic, une retraite "au moins à 75% du Smic".
Même si la réforme a pour objectif le maintien du système par répartition, le gouvernement devrait introduire un volet de capitalisation, sous la forme d'un complément de retraite. "Dans le texte que je présenterai au Parlement, il y aura un volet qui permettra de rendre plus accessible aux Français, et en particulier aux Français modestes, la capitalisation", a affirmé le ministre : notamment en étendant la "Préfon (régime de retraite complémentaire par capitalisation dont la gestion est assurée par des assureurs privés, ndlr), qui existe pour les fonctionnaires. Le gouvernement envisage également de développer les plans d'épargne en entreprise instaurés par le gouvernement Jospin.
Les réactions syndicales |
CFDT : Jean-Marie Toulisse, secrétaire national de la CFDT en charge des retraites, estime que "François Fillon a enfin commencé à annoncer des propositions chiffrées, il a ouvert plusieurs portes mais pour la CFDT, ça ne suffit pas, il faut qu'il aille plus loin", a affirmé M. Toulisse.
CGT : Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a estimé que le projet présenté n'offrait "pas d'assurance sur le niveau des retraites à moyen terme". Avec la réforme, "il n'y aura plus de droit au départ à la retraite à 60 ans avec une retraite à taux plein avec les mesures qui sont proposées". Concernant l'allongement de la durée de cotisation, Bernard Thibault a fait remarquer qu'il ne prenait pas en compte les disparités entre catégories professionnelles. "Un ouvrier spécialisé continue d'avoir une espérance de vie inférieure de l'ordre de sept années à celle de son directeur d'usine".
FO : Marc Blondel a estimé que le projet du gouvernement en matière de retraite "n'est pas une réforme mais une contre-réforme" qui va faire "baisser les retraites. "Il ne fera pas bon vieillir en France d'ici 10 ans".
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