Halliburton et le jackpot irakien

Par RG, le 07 mai 2003 à 17h13 , mis à jour le 07 mai 2003 à 17h37

La reconstruction de l'Irak est un énorme marché sur lequel tous les grands groupes occidentaux et Russes lorgnent depuis la fin des combats. Mais voilà, les américains donnent sans hésiter la priorité à des entreprises US, même aux dépens de leurs alliés.

petrole feu incendie puit puits © INTERNE

"L'étendue du travail couvert par le contrat comprend l'extinction des feux de puits de pétrole et l'évaluation de l'état des installations ; le nettoyage des fuites de pétrole et des autres dommages environnementaux; la conception ou la réparation des infrastructures endommagées; l'exploitation d'installations et la distribution de produits". C'est par cette lettre laconique de la main du général Robert Flowers, adressée au parlementaire démocrate Henry Waxman que le public américain a eu connaissance de l'étendue réelle des accords entre le groupe américain Halliburton et les responsables US chargés de la reconstruction de l'Irak.

Henry Waxman s'est indigné mardi, dans une lettre en réponse, que ce contrat puisse durer jusqu'en 2004 et que "le contrat à long terme prévu pour le remplacer" puisse "apparemment désigner une compagnie non-irakienne pour produire et distribuer le pétrole irakien". "Ces nouvelles révélations vont à l'encontre des assurances répétées que l'administration a données disant que le pétrole irakien appartient aux Irakiens", a estimé le parlementaire américain.

Des accords sous influence

Dès le mois de mars, l'armée américaine avait attribué le principal contrat de lutte contre les incendies de puits de pétrole en Irak à la société Kellogg, Brown and Root (KBR), une division du groupe d'énergie et d'ingénierie Halliburton. Que les entreprises US décrochent les premiers contrats de la reconstruction en Irak n'a surpris personne, surtout lorsque la presse a révèlé que cette entreprise était dirigée jusqu'en 2000 par… le vice-président Dick Cheney en personne.

Maintenant que des documents précis sont entre les mains d'un démocrate retors comme Henry Waxman cette affaire risque d'embarrasser sérieusement l'équipe du président. Henry Waxman, fréquent critique de l'administration républicaine de Bush, avait déjà affirmé mardi que Halliburton avait des liens commerciaux avec l'Iran, l'Irak et la Libye depuis des années, et ce malgré l'embargo décrété contre ces pays par Washington. La reconstruction des infrastructures irakiennes semble être, plus que jamais, une chasse gardée des entreprises américaines, au grand dam des européens, y compris des Britanniques qui ont eux aussi "payé le prix du sang" dans cette guerre. Imperturbables, les américains annonçaient samedi, la nomination d'une nouvelle équipe de gestion du ministère irakien du Pétrole, dirigée par un Irakien, et d'un conseil consultatif confié à un Américain.

Photo archives AFP : Puits de pétrole irakiens en feu

Par RG le 07 mai 2003 à 17:13
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