© INTERNEChaud, le mois de mai sera chaud sur le plan social. Le gouvernement en est conscient. Le dossier des retraites a sonné chez les syndicats l'heure de la mobilisation générale. Aussi, face à cette hostilité affichée, le gouvernement a tenu à accompagner la présentation des grandes lignes de la réforme, mercredi matin en Conseil des ministres, d'une offensive de grande ampleur pour dédramatiser, expliquer... et si possible, convaincre. Le projet, présenté par François Fillon et Jean-Paul Delevoye, repose essentiellement sur l'alignement de la durée de cotisation du public sur le privé à 40 annuités en 2008 (lire notre article : "Les fonctionnaires à nouveau sollicités"). Le ministre des Affaires sociales et celui de la Fonction publique se sont livrés, aussitôt après la fin du Conseil, face aux journalistes, à un premier exercice d'explication.
A cet exercice imposé de la conférence de presse, Jean-Pierre Raffarin a tenu à ajouter un deuxième niveau d'intervention. Le Premier ministre est lui-même apparu sur plusieurs fronts médiatiques pour expliquer la réforme des retraites aux Français. Il est notammant intervenu dans le journal de 20 heures de France 2. "Cette réforme des retraites, le pays doit la faire, dans l'intérêt de nos enfants", a-t-il affirmé. Il s'est également fendu d'une mise en garde à destination de "ceux qui veulent bloquer" la réforme, en assénant : "ce n'est pas la rue qui gouverne". Mais il s'est aussi voulu rassurant : il a ainsi assuré que l'allongement de la durée de cotisation des fonctionnaires allait leur permettre de "garder la même retraite", et s'est dit d'avance "d'accord pour toute proposition constructive pour donner un coup de pouce sur les petites retraites".
"Je me suis engagé à vous dire la vérité"
Mais avant cela, il était déjà intervenu par écrit dans les journaux.
Sa lettre aux Français a été publiée à la fois dans les quotidiens nationaux (La Croix, Les Echos, L'Equipe, Le Figaro, France-Soir, L'Humanité, Libération, Le Monde, La Tribune), régionaux, des Dom-Tom et apparaîtra aussi dans le Journal du Dimanche. "Je me suis engagé à vous dire la vérité : la solution, c'est un effort partagé. C'est tout le sens de la réforme", pouvait-on y lire. "Le Gouvernement a préparé la réforme qui va sauver notre système de retraite : c'est la volonté du président de la République et d'une large majorité des Français".Troisième intervention, plus discrète, mais symboliquement importante : celle de Jacques Chirac, justement. Certes, le chef de l'Etat n'est pas apparu au 20 heures. Mais la lettre de Jean-Pierre Raffarin faisait déjà référence à "la volonté du président". Et ce dernier, au cours du Conseil des ministres de ce mercredi, juste après la présentation de la réforme, s'est posé en "garant" de la retraite par répartition dont "la sauvegarde", a-t-il dit, repose "sur un effort partagé, équitable et progressif". Il a notamment salué "l'engagement", "sous l'impulsion du Premier ministre, de MM. Fillon et Delevoye et fait valoir que la réforme "a donné lieu à des concertations approfondies qui se poursuivent". Avant de rappeler le calendrier prévu : "sur la base de ces orientations, que j'approuve, la réforme sera adoptée par le Conseil des ministres à la fin du mois pour pouvoir être votée par le Parlement avant l'été". Un calendrier que les syndicats vont s'efforcer de perturber...
Photo d'ouverture : Jean-Pierre Raffarin sur France 2, mercredi soir
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