© INTERNEUne partition bien orchestrée... Avant de lâcher, et le moins possible, il faut donner l'impression de beaucoup de fermeté. Au lieu d'assouplir son avant-projet de loi de réforme des retraites mercredi en Conseil des ministres, François Fillon a précisé son texte en le durcissant. Non intégration des primes des fonctionnaires dans le calcul de leurs pensions, prise en compte des trois dernières années au lieu des six derniers mois... De nouvelles sollicitations qui ne manqueront pas de faire grossir les rangs des manifestants le 13 mai.
Reste à savoir si les quelques contreparties que pourrait accorder le gouvernement au lendemain de la grande manifestation suffiront à calmer les esprits. Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a estimé que le gouvernement "aurait tort de considérer (...) qu'il est à l'abri d'une contestation sociale de grande ampleur à propos de l'avenir des retraites", dans une interview au Monde daté de jeudi. Force Ouvrière et la la Ligue Communiste révolutionnaire (LCR) appellent d'ores et déjà à la grève générale reconductible. Sans aller jusque là Bernard Thibault a indiqué que le nombre d'arrêts de travail déposé pour le 13 mais était "sans égal depuis des années". La CGT prévoit "plus de 115 manifestations" dans toute la France.
Même pour la plus mesurée CFDT, le "compte n'y est toujours pas". Et l'organisation appelle donc à une grande "démonstration de force le 13 mai". François Fillon n'a pas en effet répondu aux principales attentes de l'organisation syndicale : une retraite équivalente à 100% du Smic pour les salariés ayant fait une "carrière" au Smic, la possibilité de partir à la retraite à 58 ans non seulement pour ceux qui ont commencé à travailler à 14 ou 15 ans mais aussi à partir de 16 et 17 ans et l'intégration des primes dans le calcul des pensions des fonctionnaires. Trois syndicats, la CGT, l'Unsa et la FSU réfléchissent déjà à une nouvelle manifestation nationale le 25 mai.
Fortes perturbations le 13 mai |
La trotinette ou les rollers risquent d'être de rigueur mardi prochain. Tout comme le 3 avril, les transports en commun, aériens, terrestres et ferroviaires, connaîtront de fortes perturbations. Le réseau de la RATP risque la paralysie tandis qu'à la SNCF, l'ensemble des syndicats a appelé à la grève à partir du lundi 20h jusqu'au mercredi 8h. Ils se gardent d'ailleurs la possibilité de reconduire le mouvement les jours suivants.
En province aussi, la majorité des transports en commun devrait être concernée dans les grandes et moyennes villes. Dans l'aérien, cinq syndicats de personnel de l'aviation civile et dix d'Air France appellent à la grève, de même que les contrôleurs aériens après l'appel à la grève du premier syndicat du secteur, le SNCTA. De fortes perturbations sont donc à redouter.
Les cinq syndicats des industries électriques et gazières, notamment d'EDF et de GDF, ont appelé mercredi à se joindre à la journée d'actions du 13 mai sur les retraites, dans un communiqué.
Photo : le leader de la CGT, Bernard Thibault
Retour MYTF1
Chargement en cours...




