Des baisses d'impôts, mais ciblées

Par , le 13 juin 2003 à 09h34 , mis à jour le 13 juin 2003 à 11h43

Le ministre de l'Economie et des Finances voudrait notamment inciter les Français à se constituer un complément de retraite. Il n'écarte pas une croissance supérieure à 2,5% pour l'an prochain.

francis mer © INTERNE

"Les baisses d'impôts sont une promesse et une nécessité", réaffirme vendredi le ministre de l'Economie et des Finances dans un entretien publié par le quotidien Sud-Ouest. Rappelant que certaines ont déjà eu lieu et que d'autres doivent entrer en vigueur, comme celle de la taxe professionnelle, Francis Mer estime toutefois qu' "il faudra réfléchir à mieux cibler" les prochaines réductions. Ainsi, annonce le ministre, le budget 2004 pourrait-il comporter des incitations fiscales pour que les ménages français se constituent "un complément de retraite".

Tout cela doit se passer en tenant compte de la contrainte budgétaire "choisie" par la France dans le cadre de l'euro. "Il n'est pas question d'être moins vertueux que nos partenaires", assure le ministre, qui précise : "Un déficit de 3,4 % du PIB en 2003 nous oblige, nous Français, à revenir à des comportements plus raisonnables."

Retour à la croissance

Le déficit public français devant repasser sous 3% du PIB l'an prochain sous peine de sanctions européennes, M. Mer en conclut que "les recettes qui seront apportées par le retour de la croissance devront être largement affectées à la réduction des déficits publics".

Car le retour à une croissance "normale" en 2004 ne fait pas de doute pour le ministre, qui n'exclut pas une reprise supérieure à 2,5%. D'ici là, M. Mer s'attend à un deuxième trimestre 2003, "dans le prolongement de la guerre" en Irak, "médiocre pour toute l'Europe". Certains économistes estiment que la croissance pourrait même être négative.

         Euro : pas de parano

Le ministre de l'Economie ne croit pas à l'utilisation par les Etats-Unis du dollar comme arme commerciale. "C'est le marché, non les banques centrales, qui a poussé le dollar à la baisse", estime-t-il. "Ce qui nous a surpris, c'est la brutalité avec laquelle les marchés ont pris conscience que la valeur du dollar ne correspondait pas à l'ampleur des déficits commerciaux et budgétaires américains", avoue M. Mer. "L'euro est cher par rapport à ce qu'il était il y a six mois : c'est plutôt la vitesse de sa remontée qui est gênante", explique le ministre selon qui "le niveau actuel [de la monnaie européenne] correspond à peu près à la valeur moyenne de l'euro par rapport au dollar, si la monnaie unique avait vingt années d'existence".
  

Par David Straus le 13 juin 2003 à 09:34
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