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Par AG, le 18 juin 2003 à 13h54, mis à jour le 18 juin 2003 à 23:31
Le gouverneur de la Banque de France a été relaxé mercredi par le tribunal correctionnel de Paris dans le procès sur les comptes du Crédit Lyonnais au début des années 90.
© INTERNERelaxe pour Jean-Claude Trichet. Le tribunal correctionnel de Paris a décidé mercredi de ne pas suivre les réquisitions du parquet, qui avait réclamé, lors de l'audience, une peine d'"au moins" dix mois de prison avec sursis à son encontre. Directeur du Trésor à l'époque des faits, l’intéressé comparaissait pour complicité de diffusion de fausses informations au marché et de publication de comptes sociaux inexacts. Cette relaxe prend un relief particulier pour Jean-Claude Trichet, candidat de la France à la présidence de la Banque centrale européenne pour succéder au Néerlandais Wim Duisenberg. Le ministre de l'Economie, Francis Mer, a annoncé qu'il proposerait la candidature de M. Trichet pour remplacer Wim Duisenberg "dès que possible". A l'issue de l'audience, il s'est dit "ému" par cette décision de justice. Le parquet ne s'est pas encore prononcé sur son intention d'interjeter appel de ce jugement.
De Larosière acquitté, 18 mois avec sursis pour Haberer
L'ancien gouverneur de la Banque de France Jacques de Larosière, contre qui dix mois de prison avec sursis étaient requis, a également été relaxé.
Au cours de l'audience, il avait expliqué n’avoir "jamais eu le moindre doute" sur la sincérité des comptes. En revanche, le tribunal a suivi le parquet en condamnant l'ancien PDG du Crédit Lyonnais, Jean-Yves Haberer, à 18 mois de prison avec sursis.Le procès, qui s'est déroulé du 6 janvier au 12 février, visait des faits de présentation de comptes de fin d'exercice inexacts en 1991, 1992 et juin 1993. Les neuf prévenus (anciens dirigeants de la banque, commissaires aux comptes et hauts fonctionnaires) sont soupçonnés d'avoir présenté des comptes non sincères pour masquer l'ampleur des difficultés de la banque publique.
Décalage entre la réalité des années 90 et la vision d'aujourd'huiLors des débats, très techniques, les prévenus avaient stigmatisé le décalage entre la connaissance des comptes qu'ils avaient au début des années 90, et celle de la justice dix ans plus tard. De nombreux avocats de la défense avaient par ailleurs dénoncé un "détournement de procédure" pour faire juger indirectement la quasi-faillite de la banque publique.
L'audience avait par ailleurs été marquée par le changement de position du parquet. Dans ses réquisitions écrites en fin d'instruction en mai, il avait requis un non-lieu pour Jean-Claude Trichet, puis, à l'issue des débats, réclamé la condamnation du gouverneur de la Banque de France, sans donner explicitement les raisons de ce revirement.
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