© INTERNELa première session de travail sur la réforme de la Politique agricole commune entre les Quinze et leurs homologues des dix futurs membres de l'Union a tourné court en moins d'une heure mercredi après-midi à Luxembourg. La France a en effet rejeté d'entrée le projet de compromis mis sur la table par la présidence grecque de l'UE.
Gaymard mène la fronde
Hervé Gaymard, qui mène la fronde avec l'Espagne contre la réforme défendue par le commissaire Fischler, a estimé que la proposition grecque ne comportait "quasiment aucune avancée" en vue d'un accord équilibré. Le document n'introduit qu'avec une extrême prudence l'idée, acceptée notamment par la France, l'Allemagne et l'Espagne, d'un découplage partiel entre les aides directes aux agriculteurs et le niveau de production. La proposition grecque ne remet en cause à ce stade ni le projet de Franz Fischler d'instaurer en 2007 une dégressivité des mêmes aides, pour financer de futures réformes de marché, ni celui de baisses des prix des céréales et du lait.
Hervé Gaymard a notammment défendu "principes" de l'entente franco-allemande sur la PAC annoncée mardi par Jacques Chirac et Gerhard Schroeder, partagés selon lui "par une large majorité des Etats membres". Selon lui, Paris et Berlin refusent qu'un accord sur la PAC puisse être remis en cause après la conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en septembre à Cancun (Mexique). Ils veulent aussi repousser à 2007 l'application d'une réforme, conformément à l'accord européen d'octobre 2002 sur le gel de l'architecture actuelle de la PAC jusqu'à fin 2006 et le plafonnement des aides directes après cette date.
Accord avant la fin de la semaine ?
Mercredi soir, les pronostics restaient partagés sur les chances d'aboutir à un accord d'ici la fin de la semaine. Hervé Gaymard s'est dit "assez pessimiste". "Il y a une forte hypothèse qu'il y ait une interruption pendant le week-end et qu'on reprenne la semaine prochaine", a-t-il estimé. "Je crois que nous arriverons à une décision dans les prochains jours", a déclaré au contraire l'Allemande Renate Kuenast. Hervé Gaymard a toutefois exclu que le dossier PAC soit renvoyé au sommet européen de Salonique (Grèce) le 19 juin.
Pour tenter de dénouer l'imbroglio, le ministre grec Giorgios Drys a choisi de faire passer chacun de ses homologues au "confessionnal" avec le commissaire européen à l'Agriculture Franz Fischler jusqu'à jeudi en fin d'après-midi, en prélude à un dîner qui réunira tout le monde à huis clos sans collaborateurs.
Front commun de l'Allemagne et de la France |
Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a estimé jeudi matin que les positions de la France sur la politique agricole commune (PAC) sont "partagées en grande partie" par l'Allemagne. "Nous avons défendu des positions sur la politique agricole commune" mercredi à Luxembourg. "Ces positions sont partagées en grande partie par la République fédérale d'Allemagne", a-t-il déclaré à l'issue d'un petit-déjeuner à Matignon avec son homologue britannique Tony Blair. "Il est clair que nous sommes prêts à ce qu'il y ait une vision nouvelle de la politique agricole commune mais cela après les échéances telles qu'elles sont prévues par les accords de Berlin", a-t-il ajouté. La ministre allemande de l'Agriculture Renate Kuenast a confirmé le soutien de son pays aux positions françaises.
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