Le pétrole irakien tardera à couler

Par RG, le 02 juin 2003 à 17h30 , mis à jour le 02 juin 2003 à 17h46

Plusieurs agences spécialisées estimaient les revenus pétroliers de l'Irak à plus ou moins 5 milliards de dollars d'ici fin 2003. Les difficultés dans le respect du planning de la reconstruction s'accumulent, et le brut irakien tarde à revenir sur le marché.

opep petrole raffinerie © INTERNE

A l'issue des opérations militaires en Irak, nombre de spécialistes du secteur pétrolier espéraient une ruée des compagnies étrangères sur cet eldorado noir qu'est le pétrole irakien. Malgré des infrastructures en piteux état après deux guerres et 12 ans d'embargo, nul ne pouvait ignorer que l'Irak possède les deuxièmes réserves prouvées mondiales, juste derrière l'Arabie Saoudite. Selon la revue spécialisée Middle East Economic Survey (MEES) les exportations pétrolières de l'Irak devaient permettre de dégager 4,5 milliards de dollars de recettes d'ici à la fin de l'année.

Le bulletin spécialisé a ajouté que, avec les bénéfices dégagés par la vente du pétrole, 23 milliards de dollars devraient être disponibles pour couvrir les besoins humanitaires et les besoins initiaux de reconstruction du pays.

L'insécurité gèle les investissements

Ce raisonnement fondé sur des projections de production a un gros défaut : il ne tient pas compte de la situation réelle sur le terrain, et celle-ci reste chaotique dans la plupart des villes irakiennes. Dans son édition datée de lundi, le quotidien économique Financial Times affirme que les grandes compagnies pétrolières reportent peu à peu, le démarrage de la reconstruction des sites d'exploitation. L'insécurité des personnels est la principale raison évoquée. Il faut dire que le commandement central US n'est guère encourageant. Un représentant du Pentagon a carrément déclaré que les industriels du secteur pétrolier devront assumer à leurs frais la sécurité de leurs matériels et personnels.

Pis, les déplacements de ces derniers seront contrôlés et restreints. Ce contexte dangereux et synonyme de coûts d'exploitation élevés freine encore les groupe géants du secteur, comme ExxonMobil, RoyalDutchSchell, ou autres BP et TotalFinaElf. Le Financial Times précise qu'au delà des risques inhérents à la situation d'un pays qui sort à peine d'une guerre, la 4ème convention de Genève "interdit à des entreprises de s'engager contractuellement, à long terme, avec des autorités de transition". C'est exactement le schéma de l'Irak actuel, avec des équipes nommées par l'armée américaine, un frein de plus pour la reconstruction des sites pétroliers irakiens.

Par RG le 02 juin 2003 à 17:30
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