Rudes négociations sur la PAC

Par , le 11 juin 2003 à 18h33 , mis à jour le 11 juin 2003 à 16h02

Les ministres de l'Agriculture se retrouvent aujourd'hui au Luxembourg pour tenter de trouver un accord sur la réforme de la politique agricole commune. Une réforme dont les agriculteurs français ne veulent pas du tout.

poules poulets élévage batterie volaille agriculture ferme AFP © INTERNE

Ce mercredi, la France aura la lourde tâche de trouver un compromis avec ses collègues européens sur la réforme explosive de la politique agricole commune (PAC). Les ministres de l'Agriculture des Quinze se retrouvent mercredi et jeudi à Luxembourg pour tenter de déterminer une position commune. Les ministres français et allemand devaient se rencontrer et se concerter la veille au soir afin de réduire leurs divergences. 

La réforme de la PAC devrait ensuite être discutée au Parlement européen les 2 et 3 juin. Malgré les déclarations du commissaire européen à l'Agriculture, Franz Fischler, mardi, ce dernier devrait être obligé de "couper la poire en deux" afin d'obtenir un accord. Alors que la politique agricole commune devait courir jusqu'en 2008, l'Union européenne a souhaité en revoir le principe auparavant. Et il ne s'agit pas d'un simple "toilettage". Franz Fischler milite en faveur d'un découplage total des aides aux agriculteurs et de la production. Aujourd'hui, shématiquement, plus un agriculteur produit et plus il reçoit d'aides de la part de l'Union européenne. Ce système peut en effet inciter à produire toujours plus sans souci de besoin ni de trouver un débouché.

Pression internationale

La France, premier pays agricole de la communauté a longtemps été fermement opposée à toute réforme de la PAC. Mais depuis la fin du mois de mai, le ministre de l'Agriculture, Hervé Gaymard, a montré des signes d'ouverture afin de ne pas isoler la France. Ce dernier se serait déclaré favorable à un "découplage" partiel des aides européennes à la production. Une source européenne envisage un compromis sur des aides directes "partiellement et progressivement" découplées qui distingueraient entre productions végétales et animales.

Mais tous les diplomates s'attendaient mardi à des discussions "très dures". Au vu des antagonismes, les pronostics restaient partagés sur les chances d'un accord. En cas d'échec, l'hypothèse n'est pas exclue de voir le dossier rebondir sur la table des dirigeants de l'UE au sommet de Salonique (Grèce) dans dix jours ou lors d'une réunion ministérielle extraordinaire fin juin. Car le dossier doit avancer. L'Union européenne s'est engagée auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à réformer son système d'aide aux agriculteurs. En cas d'échec, elle devrait en assumer les conséquences à la prochaine réunion de négociations de l'OMC en septembre à Cancun au Mexique.

Par Sophie Lutrand le 11 juin 2003 à 18:33
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