Alcan lance une OPA hostile sur Pechiney

Par RG (avec AFP), le 07 juillet 2003 à 11h25 , mis à jour le 07 juillet 2003 à 15h24

Le géant de l'aluminium canadien, Alcan, a lancé une OPA sur Pechiney. Cette opération est considérée comme "inamicale" et sous-évaluée par le groupe français. Le titre s'est affiché en très forte hausse dès la reprise de la cotation.

pechiney logo © INTERNE

Coup de tonnerre à la bourse de Paris. Lundi, le producteur canadien d'aluminium Alcan a annoncé le lancement d'une offre publique d'achat (OPA) sur le français Péchiney. Ce raid, s'il réussit, sera financé, en numéraire (à 60%) et en actions (à 40%), et valorise chaque action Pechiney à 41 euros.

Après une suspension de cotation durant toute la matinée, l'action du groupe d'aluminium et d'emballage français Pechiney a s'est propulsé à plus de 18% de hausse dès sa remise sur le marché, lundi après-midi. Le cours du titre s'est rapproché peu à peu des 41 euros par action proposés Alcan, dans la matinée.

Dès l'annonce du raid, les dirigeants de Péchiney ont réagi, et le moins qu'on puisse dire est qu'ils n'ont pas apprécié la manœuvre à la hussarde du groupe Alcan. Selon les managers français, le projet d'OPA lancé par Alcan "est "inamical" et "sous-évalue très significativement la valeur économique et stratégique" de Pechiney. La "décision" d'Alcan de lancer une offre publique n'a été précédée d'aucune concertation entre les deux groupes. 

Un projet incertain

Pour Pechiney, "l'exécution de ce projet est "très incertaine", "ce qui est néfaste tant pour la société et ses équipes que pour ses actionnaires". Toujours selon les responsables de Péchiney, "le conseil d'administration (c.a) examinera l'offre au regard "de la valeur stratégique de Pechiney, dans une perspective industrielle, et de création de valeur pour ses actionnaires."

Nettement plus optimiste, quant à l'avenir de cette OPA, le patron du groupe canadien a également lancé un message aux syndicats, lors d'une conférence destinée à la  presse et aux analystes financiers : "nous ne prévoyons pas de changements pour les effectifs et les sites de production en France autres que ceux prévus par Pechiney dans le cadre de sa restructuration", a indiqué Travis Engen. La restructuration en cours chez Pechiney "nous suffit", a-t-il ajouté. "Le souci essentiel soulevé par Pechiney, c'est l'attitude des autorités de la concurrence. Notre offre est une voie qui permet une résolution très rapide et qui ne déstabilise pas l'entreprise", a estimé le PDG d'Alcan.

Négociations "confidentielles" en cours avec Bruxelles

Alcan a déjà reconnu avoir engagé des "discussions préliminaires et confidentielles" avec la Commission européenne en vue de "cessions, scissions ou autres formes de désinvestissement" en Europe après une éventuelle prise de contrôle de Pechiney. Une précédente tentative de mariage entre Alcan et Péchiney avait échoué en 2000. Les entreprises avaient abandonné in extremis leur projet alors que la Commission européenne s'apprêtait à bloquer la fusion. A l'époque, Alcan avait notifié son opération avec Pechiney en même temps qu'un autre projet de fusion avec le suisse Algroup.

Par RG (avec AFP) le 07 juillet 2003 à 11:25
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