Le Pakistan veut se rapprocher de la France

Par RG (avec AFP), le 05 juillet 2003 à 06h00 , mis à jour le 05 juillet 2003 à 12h30

Le Président pakistanais, en visite en France, a souhaité développer les relations "économiques et financières" avec Paris. Il s'est engagé à lutter contre tous les extrémistes, et la corruption dans son pays.

president Pervez Musharraf visite france juillet2003 © INTERNE

Le président pakistanais Pervez Musharraf, au terme de trois jours de visite officielle en France, a confirmé vendredi, la signature d'un accord avec le groupe pétrolier français Total. Ce dernier est le grand gagnant d'une visite qui a plutôt mis en lumière le très faible rôle que jouaient les entreprises françaises, dans ce pays de quelque 156 millions d'habitants. Le dirigeant pakistanais, qui a rencontré Jacques Chirac, Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin, a émis le vœu que les relations bilatérales franco-pakistanaises "aillent de l'avant".

Soucieux de rassurer les investisseurs français, le président pakistanais, s'est efforcé de mettre en avant les bienfaits apportés, selon lui, par sa présidence, notamment sur le front de la lutte contre la corruption. "Nous avons créé un environnement favorable aux investisseurs", a assuré le président Musharraf, en invitant les hommes d'affaires français à faire confiance au Pakistan. Résolument optimiste, il a indiqué que la bourse de Karachi était devenue "la meilleure du monde".

1,4% de part de marché

Malgré ces déclarations rassurantes, force est de constater que pour l'heure, les relations économiques franco-pakistanaises sont très modestes. 21ème fournisseur du Pakistan avec 1,4% seulement de part de marché, la France se classe au 8ème rang des investisseurs étrangers du Pakistan. Après le volet économique, Pervez Musharraf, soucieux de l'image politique de son pays vis à vis de l'UE, a mis en avant "les progrès accomplis", selon lui, en matière démocratique depuis son coup d'Etat en 1999.

Enfin connaissant l'effet répulsif envers les financiers, du problème du terrorisme récurrent au Pakistan, le Président Musharraf a prôné un engagement très ferme "contre les extrémistes". Ces paroles prennent d'autant plus de relief que vendredi, un attentat a dévasté une mosquée de Quetta (sud-ouest) faisant 48 morts, et des dizaines de blessés. Cette explosion rappelle que les musulmans sunnites (largement majoritaires) et chiites pakistanais s'affrontent sporadiquement, et aussi que les attentats frappent les étrangers.

La partie est loin d'être gagnée pour Pervez Musharraf. Les investisseurs occidentaux, frileux, ont encore tous en mémoire la mort des onze techniciens français de la Direction des constructions navales (DCN), en mai 2002, à la suite de l'explosion d'une bombe contre leur car.

Par RG (avec AFP) le 05 juillet 2003 à 06:00
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