500 millions d'euros pour les agriculteurs

Par S.L, le 22 août 2003 à 16h36 , mis à jour le 22 août 2003 à 19h55

Le gouvernement a annoncé la mise en place d'un plan d'aide de 500 millions d'euros pour les agriculteurs. Après le gel cet hiver, la sécheresse et la canicule ont fini de sinistrer ce secteur d'activité. Les pertes sont comprises entre 1 et 4 milliards d'euros.

agriculture champ paille sécheresse © INTERNE

La conférence agricole qui s'est tenue aujourd'hui à Matignon devait au départ être une réunion d'explications. Le Président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, l'avait sollicitée pour "demander au gouvernement quelles étaient ses orientations en matière de politique agricole après l'accord sur la réforme de la politique agricole commune (PAC) et avant les négociations de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) prévues en septembre".

Finalement, la conférence agricole, a davantage eu l'allure d'une réunion de crise. Les participants, le Premier ministre, le ministre de l'agriculture, le conseil de l'agriculture française et le syndicat majoritaire, la FNSEA, ont dressé une première estimation du coût des aléas climatiques pour l'agriculture. Pour Jean-Michel Lemétayer, les pertes s'établissent à 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, "les pertes pures étant impossibles à évaluer". Pour le ministre de l'Agriculture, elles se situent entre 1 et 4 milliards, "sans être en mesure de donner un chiffres précis".

L'armée réquisitionnée

A l'issue de la Conférence, Hervé Gaymard a annoncé un plan d'aide aux agriculteurs victimes de la sécheresse d'un montant total d'"environ 500 millions d'euros", dont l'attribution de 180 millions d'euros supplémentaires au Fonds national de garantie des calamités agricoles. Ce plan d'aide répond à plusieurs attentes émises par le syndicat majoritaire, la FNSEA. Il prévoit une aide de 24 millions d'euros pour le transport du fourrage ainsi que la mise à disposition de l'armée pour acheminer la paille dans les départements sinistrés. 

Il comprend également des prêts à taux très réduits ou même à taux zéro pour les agriculteurs les plus endettés, ainsi qu'une enveloppe de 20 millions d'euros pour les cas de grandes difficultés. Enfin sur le plan fiscal, le gouvernement a annoncé pour les agriculteurs en difficultés des exonérations de la taxe sur le foncier non-bâti, des différés du paiement des impôts 2003 voire des remise gracieuses dans certains cas.

"Syndicat unique"

Le président de la FNSEA a estimé que ces mesures "vont dans le bon sens" même si nous n'avons pas obtenu l'année blanche que nous réclamions, c'est à dire le report de l'ensemble des charges financières et sociales". Le CNJA (organe des jeunes agriculteurs de la FNSEA) avait en outre demandé une aide directe de 10 000 euros pour les agriculteurs les plus en difficulté. Hervé Gaymard a reconnu qu'il n'était pas certain que cette requête soit "techniquement possible, en raison des contraintes bruxelloises".

Les autres syndicats agricoles n'avaient pas été conviés à la réunion. Pour la Confédération paysanne, c'est le "retour au syndicat unique" alors que le précédent gouvernement s'était au contraire fait fort d'ouvrir les négociations aux syndicats agricoles minoritaires. La Confédération a jugé "décevantes" les mesures du gouvernement.  "Le Fonds de garantie des calamités agricoles va être abondé par l'Etat seul et pas par une taxe sur la filière agroalimentaire, comme nous le demandions, c'est une première déception", a déclaré Nicolas Duntze, un des porte-parole du mouvement.

Par S.L le 22 août 2003 à 16:36
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