Le directeur de l'usine Flodor mis en examen

Par S.L, le 21 août 2003 à 09h45 , mis à jour le 22 août 2003 à 18h42

Le directeur d'une usine de chips Flodor dans la Somme a profité des vacances de ses ouvriers pour faire démonter une partie des machines. Il a été placé en garde à vue et mis en examen vendredi.

Flodor alimentation usine Péronne emploi © INTERNE

On se souvient des ouvriers de l'usine Palace Parfum qui avaient fêté la fin de l'année en buvant du champagne avec leur patron avant de retrouver leur usine complètement vidée au retour des vacances. Cette fois-ci, c'est dans une usine de chips Flodor installée à Péronne dans la Somme que le triste scénario a eu lieu. Le site, qui emploie 200 personnes était vide depuis plusieurs jours. La direction avait demandé le 8 août, lors d'un comité d'entreprise, que les salariés prennent leur RTT de façon groupée la semaine suivante. "Si nous nous étions doutés de quelque chose, nous n'aurions jamais accepté", déclare Renée Wargnies, responsable CGT de la Somme.

Hier, en faisant un tour, je me suis rendu compte que des camions sortaient de l'usine. J'ai alerté l'inspection du travail", a expliqué Angelo Ondicana, secrétaire au comité d'entreprise. Des délégués des salariés de l'usine ont constaté mercredi après-midi le démontage de deux chaînes de production sur quatre et l'enlèvement des machines, embarquées dans des poids lourds venus d'Italie. Empêchés physiquement de pénétrer sur le site par des vigiles italiens, les syndicalistes ont dénoncé un démontage sauvage et illégal et ont déposé plainte jeudi.

"C'est absolument inadmissible"

De son côté, le directeur de l'usine italien, Vilmo Maderi, a été placé en garde à vue dès mercredi soir et mis en examen vendredi pour "obstacle aux fonctions d'inspecteur du travail et entrave au comité d'entreprise et du CHSCT". "La chaîne de production 4, la plus importante, et la chaîne de conditionnement 3 ont été démontées. Les tuyaux d'alimentation en vapeur ont été découpés au chalumeau", a décrit Angelo Ondicana.

Le maire UMP de Péronne Jean-Pierre Viennot a dénoncé des "méthodes de voyou" : "une entreprise est fermée pour RTT. On fait venir des employés italiens pour démonter les chaînes (...). C'est absolument inadmissible", a-t-il déclaré. L'usine Flodor de Péronne appartient depuis 1993 au groupe italien Unichips. Elle a déjà vu en décembre 2002 la suppression de 80 postes, lors d'un plan social décidé par la direction italienne du groupe. Depuis mercredi soir, les salariés se relaient pour surveiller le site. "On va se battre pour le maintien de l'activité mais en l'état, il est impossible de reprendre (le travail)", a estimé Angelo Ondicana, évoquant le risque que "tout cela finisse en dépôt de bilan".

Par S.L le 21 août 2003 à 09:45
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