Le hard discount appliqué à l'automobile

Par , le 27 août 2003 à 15h30 , mis à jour le 27 août 2003 à 09h44

L'ouverture à la concurrence du marché de la vente de voitures suscite des vocations. Michel Leclerc se lance le premier dans l'aventure en France en misant sur les écarts de prix des voitures au sein de l'Union européenne pour proposer des "prix cassés".

voitures floues photo prétexte © INTERNE

Jusqu'à présent, lorsque l'on désire acheter une Corsa, on se rend chez son concessionnaire Opel, un Scénic chez Renault, une Golf chez Volkswagen... Mais cette démarche va pouvoir changer très prochainement. L'Union européenne a adopté il y a plus d'un an (lire "En France, le prix des voitures devrait baisser") un règlement sur l'ouverture à la concurrence du marché automobile. Il prendra effet le 1er octobre prochain.

Michel Leclerc, le frère d'Edouard, fondateur des hypermarchés Leclerc, n'a pas attendu cette échéance pour se positionner sur le marché français. A 64 ans, celui qui avait déjà investi le marché des pompes funèbres lors de leur libéralisation avec le réseau Roc'Eclerc, se lance aujourd'hui dans la vente de voitures à prix cassés. Michel Leclerc compte ouvrir une cinquantaine de plate-formes en France d'ici la fin de l'année et 600 d'ici 2008. Il affirme, dans un entretien accordé à France Soir mardi, vouloir conquérir un quart du marché automobile "en 5 ou 6 ans parce que le pays reste assez conservateur".

Des écarts pouvant aller jusqu'à 45%

Ce vieux briscard du commerce veut profiter de la brèche ouverte par le nouveau règlement européen. S'appuyant sur les gros écarts de prix des voitures toutes marques confondues entre les pays européens, Michel Leclerc fait ses courses au sein du marché unique. Les véhicules sont achetés au plus bas tarif dans toute l'Union européenne par des intermédiaires belges et revendus en France.

Les différences de prix pour une même voiture peuvent atteindre 20% entre deux pays et même 45% dans le cas de la Fiat Seicento entre l'Autriche et l'Espagne (chiffres commission européenne). Michel Leclerc promet lui des rabais de 12% à 30% dans l'immédiat. L'entrepreneur qui déclare avoir investi un milliard d'euros pour les cinquante premières plate-formes a donné à ses concessionnaires l'objectif de vendre 30 à 50 voitures par mois.

Les hypermarchés intéressés

Une initiative qui risque de déplaire aux constructeurs automobiles très attachés à leur réseau de concessionnaires exclusifs. Ces derniers voient tout aussi d'un mauvais œil les velléités de la grande distribution. Trois groupes ont pour le moment montré leur intérêt pour ce marché : Intermarché, Auchan et le groupe Leclerc. Les constructeurs peuvent refuser de leur vendre des véhicules mais pas de s'approvisionner auprès d'autres concessionnaires qui auraient des invendus sur les bras.

Mais l'objectif de la Commission européenne en ouvrant ce marché à la concurrence était justement de réduire les écarts de prix entre les pays, d'unifier le marché et, à terme, de faire baisser les prix des automobiles. Or, si cela se réalisait, Michel Leclerc et ses futurs challengers ne pourraient plus jouer sur ces "effets d'aubaine". A regarder le comparatif ci-joint de plus près, ils ont toutefois quelques années devant eux.

En page 2, le tableau comparatif des prix de trois modèles
de voitures dans les 15 pays de l'Union européenne


Nota bene : La Commission européenne a choisi la Grèce comme
indice 100. En Autriche, le prix de la Nissan Micra est plus cher
de 13,7% par rapport à la Grèce.  
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Par Sophie Lutrand le 27 août 2003 à 15:30
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